Qu'il s'appelle Raymond, Quentin, Mouloud ou Christophe, quand c'est l'été c'est l'heure des mecs "dossier". Le Dossier de l'été, c'est typiquement ce mec qu'on n'oublie pas au mois de septembre, mais uniquement parce que c'est un gros dossier. Dans le genre ghetto. Et honteux. Au final, on ne peut que songer à lui avec un souvenir nostalgique cruellement teinté d'effroi. A croire que les vapeurs de Monoï et les churros, ça drogue.
Le Dossier de l'été est un petit malin qui se cache un peu partout. C'est bien pour ça que chacune en possède un bien planqué dans ses tiroirs : le bronzé de derrière le poste de secours n°5 à Argeles-sur-mer, Lucien le néo-nazi Corse à Sagone, ce grand serveur marseillais quarantenaire chopé à La Baule, le Chinois à l'haleine de chacal au Bar Rouge de Shanghai... c'est limite un porte-clef souvenir qu'on s'accroche à la conscience et qui nous serre le cœur à la rentrée. Tout ça pour se faire dérider les fesses sous un palmier. On en rigole, of course. Mais quand même : on donne pas mal de soi au Dossier de l'été, finalement. Car le Dossier de l'été incarne contre toute prévision le mec de l'horoscope, celui avec qui l'on est censées passer une nuit torride alors qu'alentour y'a que trois cagoles, Pépé et un blaireau posté sur un banc en train de boire du Redbull. Bah le voilà, notre Dossier de l'été. Il attend, sans se presser. Opportuniste, le mec : il sait qu'il arrivera quand même à nous faire tomber le bikini. Pas besoin du bac pour savoir ça. La preuve.
Mais pourquoi ? Franchement la question se pose, parce qu'en vrai, le reste de l'année, qui le pécho, avec ses tongs Vans, son allure de boloss des criques et son bouc mal fait ? Personne. Or la nature est bien faite : pour les mecs dossiers, on est là, vaillantes, prêtes à tout pour avoir autre chose qu'un souvenir de carte postale, prêtes à tout pour un sujet crousti à raconter aux copines à la rentrée.
Alors on ferme étrangement les yeux sur ses fautes de français, sa voiture tunée, ses potes débiles aux coupes en brosse, nos non-points communs, et à l'inverse de nos 15 ans on ne tombe pas amoureuse, cette fois. Parce que les temps ont changé : avant, on se tenait par la main, on bouffait une glace et on sentait nos premiers émois la nuit tombée, tous deux faces à la mer ; maintenant l'ambiance c'est plutôt camping-levrette derrière le poste 5, pour la pause déj'. Merci la vie, c'est beau les vacances.
La confusion entre désespoir et amour est impossible, et s'il n'est pas toujours net question hygiène, sa catégorie ne laisse, elle, pas de place au doute. Donc, le Dossier de l'été n'est en aucun cas l'amour de vacances. C'est sans appel : le mec dossier on ne le ramène pas dans nos valises d'amour, on ne lui promet pas de lui écrire et même pire : on en a déjà honte passé le premier péage. Loin des yeux, près de la conscience.
Le Dossier de l'été, finalement, n'est rien d'autre qu'un concept de vacances, tout comme le panier qu'on amène à la plage, mais qu'on zappe à Paris. Derrière son humanité à Q.I d'huître, c'est juste un trip perso, une forte envie de poils, de bras solides et d'une autre odeur que les parfums fleuris de nos copines. Ainsi le Dossier de l'été est inévitable : comme les espadrilles du marché, tout les ans c'est rebelote. Mais n'empêche : faut pas se confondre, le Dossier de l'été, comme les espadrilles, ça se recycle pas l'été d'après. Ça s'ignore. Royalement. Parce que comme les espadrilles, il vieillit mal. Et les bermudas-tongs avec collier coquillage, à 38 ans, c'est vraiment plus possible. Ou pas.
Dossier !
jeudi 8 septembre 2011
Le dj mais pas queue
Il y a Dj et Dj. Pas question de s’éterniser sur le mec un peu gros, un peu moche, un peu con, qui a trouvé son moyen de séduction derrière les platines grâce à son pouce en mode MP3, et qui se réjouit jusqu’à plus soif de ses demis gratos au bar du coin. Oui, il y a Dj et Dj, et ce, malgré le fameux théorème mathématique de la night : un Dj en cache toujours un autre. Par extension, il y a toujours quelque chose de louche à être Dj. Jeunes filles à top à paillettes, gare au loup : le Dj n’est jamais là le week-end, trop occupé à gagner sa sombre vie en faisant bouger tous les petits culs sauf le vôtre. Il faudrait être maso, ou gogo danseuse, pour se taper ce mec-là..
Le Dj, c’est toute une musique qu’il faut prendre le temps de le connaître. Il y a le Dj pourave qui vous invite à ses fêtes, espérant vous impressionner avec ses tubes moisis et ses tickets conso, et enfin il y a le Dj qui se veut intello, le Dj mais pas queue. Lui, il fait gaffe. Il lit. Genre. Et surtout, il perd pas le nord. Il a bien capté qu’il est cible trop convoitée aux soirées : allez comprendre, malgré les défauts de sa « profession », y’a toujours la meuf qui veut être de toutes les party. Or, le Dj mais pas queue ne veut pas y toucher. Il se protège à mort : pas moyen d'être le pass VIP à l’année d'une furie noctambule qui a perdu sa culotte au dernier festival. Plutôt crever. Il a une éthique éthylique. Le Dj mais pas queue voit bien comment les nanas le matent, avec son petit look, planqué sous ses boucles folles et sourd sous son casque. C'est qu'en 2011, les filles ont encore faim et ça va pas cesser du jour au lendemain, alors vends-nous du rêve beau DJ, et viens sous la couette après. Allez.
Gueuses, c'est mort : le Dj mais pas queue est, a priori, inaccessible. Maqué ? Pas forcément. Romantique ? C'est bien plausible. Lui, à l'aube, il rêve de la couche déjà chaude d'une belle naïve endormie qui n'y connait rien au boom boom contemporain et qui lui mets les Beatles pour ensoleiller son dimanche matin. A chacun ses délires, hein. Le Dj mais pas queue est donc pris dans son propre mauvais flow : obligé d'aller chasser ailleurs que sur le dancefloor de la chair à se mettre sous le corps, et pourtant, c’est là seulement qu’il traîne ses guêtres. Et le Dj résiste, parce qu’il n’est pas que Dj. Trop fier pour choper la meuf plantée droit devant les platines, bourrée, subjuguée, stratégique, il fait cavalier seul, en attendant la bonne. Poor lonesome Dj ?
Sauf qu’il faut qu’il calme ses fantasmes diurnes, le Dj mais pas queue. Pas que quoi d’abord ? On n’en saura jamais rien. Parce que de midi à minuit, le Dj mais pas queue n'est rien d’autre qu’un mec avec une gueule de bois effroyable, muré dans ses vapes, avec peu à dire et rien à faire. Un mauvais remix, en somme.
Dommage. Car quand tu rengaines ta queue, Dj, ne reste plus que le mais.
Dommage. Car quand tu rengaines ta queue, Dj, ne reste plus que le mais.
Le mec du métro
Pour vous, les bobos et les pouffiasses intra muros, on sait bien que c'est un vieux souvenir, le métro, depuis la dolce vita en vespa parisienne. Mais n'empêche : souvenez-vous. La 2 aérienne, les changements interminables de Châtelet, toute la banlieue R’n’B qui traîne aux Halles, les couloirs toujours plus sales de la rive droite, et toujours plus propres de la rive gauche... Même parmi les odeurs pestilentielles, il y a possibilité d’un état de grâce : magie des souterrains parisiens. Il y a pas que l'accordéoniste du samedi soir, caché à Strasbourg-Saint-Denis, qui joue du Tiersen pour nous faire rêver : il y a le Mec du Métro. Oui da.
En province, faites pas la gueule, y’a toujours les obscurs bus inter-départements et inter-villages. C'est pareil ! Transports en communs du monde entier, même combat.
Le Mec du Métro est partout. Et les banlieusardes du RER savent encore mieux de quoi on parle, puisqu'elles peuvent se vanter de le voir tous les jours si possible, même trajet - même wagon - même heure. Vie de merde en zone 3 peut-être, sauf que parfois la chance leur offre un trajet quotidien pour se rincer l’œil en paix et se perdre dans de beaux yeux inconnus et nouveaux.
Le Mec du Métro est l’inestimable bijou du wagon. Il nous rend définitivement la vie plus belle ; à travers les regards libidineux et sales des crados qui trainent leurs savates, tentant en chien d'effleurer nos doigts sur la rambarde, il est notre petit Christ à nous, ressuscité là dans le souterrain pour nous sauver la journée. Déjà, le Mec du Métro est beau. Beau, beau, beau. Face à lui, c'est nous le vieux dégueu libidineux, tellement on se perd en sa contemplation, tandis qu'il lit passionnément un livre de poche qu'on fait semblant de ne pas connaître pour mieux se rapprocher.
Puis le Mec du Métro est propre, et il sent bon. C'est donc une putain d’exception dans les services de la RATP. Si proche et pourtant si loin, tandis qu’on l’hume avidement, il nous ignore royalement du coin de l’œil. C'est sa petite singularité à lui : rarement il nous renvoie nos regards interrogateurs. Si jamais y’a réciprocité, le Mec du Métro s’évapore instantanément, le fantasme se brise et on se retrouve bêtement avec, en face de nous, juste un mec de plus dans le métro. C’est le principe magique : le Mec du Métro est simplement là pour nous foutre la rage et nous rappeler que si l’on plaît dans les couloirs de la 8, faut se calmer les chevilles : lui il s'en tape. Il préfère lire son Miller avec ses petites Veja un peu pourries et son petit look de petit cul parisien trop mignon. Et même si tous ses atomes sont (évidemment) tournés vers nous, plus orgueilleux tu meurs : le Mec du Métro ne laisse rien paraître, il sait qu’autrement, c’est sa fin mythique. Il garde la tête haute, le beau salaud.
A force de le mater en biais, mine de rien on s’affole : où va donc le Mec du Métro, tout propre comme ça, et bien sapé, et plongé dans sa dose de culture ? Mille questions, mille fantasmes, qu’est-ce qu’on attend pour se croire dans un film ricain et lui prendre la main, et l’emmener loin ? Heureusement, in extremis, notre snobisme conscient de parisienne reprend le dessus. Faut pas croire : on en a vu d’autres, des jolis minois, chez la Ratp. C’est pas quelques boucles noires qui vont nous faire perdre le nord. Faut pas déconner. Parce qu’avec lui y’a un hic fondamental, qui nous casse direct le délire et nous remet la culotte bien en place : le Mec du Métro n’a pas de scooter. Tout est dit, là, nan ? Si.
Allez bouge mec, je descends à la prochaine.
Le fan facebook
On aime tous quelqu’un, ou quelque chose. Étrange constat, depuis l'avènement de la touche "like" de Facebook, on assume allégrement et sans pudeur face à Big Brother et ses enfants nos goûts, sans complexe, que ce soit une marque de PQ qui nous rappelle les années 90 ou le mauvais dessin animé de notre enfance. Nostalgie, quand tu nous plombes… Il y a quelque chose de peut-être résolument positif, à aimer ainsi à tout-va, se la kiffer au sens premier du terme, ça je kiffe, ça aussi, et ça encore. Kiffons en cœur. Like.
Le Fan Facebook, c'est presque pareil, sauf que lui, il est Fan de nous. Éperdument fan du matin au soir. Quoiqu’on fasse, on peut être tranquille : il kiffe. Il likera. Il a toujours aimé ce qu'on fait, et pas au sens du beau parlé baiseur, "j'adore ce que vous faites", à une soirée pourrie, quand on est tous collectivement ivre mort et qu’il suffit d’un vouvoiement pour nous la mettre, non, parce que pour cela il faudra une distanciation quasi brechtienne résolument humoristique, or le Fan Facebook manque cruellement d’humour. Il en est parfaitement incapable, parce que le Fan Facebook n’est pas drôle. Sauf parfois dans son désespoir, mais ça il faut être d’humeur cruelle pour le voir. Son vrai problème, c’est que le Fan Facebook est résolument premier degré. Vraiment. Le Fan Facebook est le maître du premier degré, de la tournure de phrase pompeuse, du mot d'esprit légèrement à côté de la plaque. Tellement premier degré qu’il frise le zéro dès qu’il ouvre la bouche, si vous voyez le genre.
Le Fan Facebook, c'est presque pareil, sauf que lui, il est Fan de nous. Éperdument fan du matin au soir. Quoiqu’on fasse, on peut être tranquille : il kiffe. Il likera. Il a toujours aimé ce qu'on fait, et pas au sens du beau parlé baiseur, "j'adore ce que vous faites", à une soirée pourrie, quand on est tous collectivement ivre mort et qu’il suffit d’un vouvoiement pour nous la mettre, non, parce que pour cela il faudra une distanciation quasi brechtienne résolument humoristique, or le Fan Facebook manque cruellement d’humour. Il en est parfaitement incapable, parce que le Fan Facebook n’est pas drôle. Sauf parfois dans son désespoir, mais ça il faut être d’humeur cruelle pour le voir. Son vrai problème, c’est que le Fan Facebook est résolument premier degré. Vraiment. Le Fan Facebook est le maître du premier degré, de la tournure de phrase pompeuse, du mot d'esprit légèrement à côté de la plaque. Tellement premier degré qu’il frise le zéro dès qu’il ouvre la bouche, si vous voyez le genre.
C’est que le Fan Facebook voudrait bien faire remarquer sa verve brillante à l'esprit brillant qu'il admire tant, là, en face de lui, si proche et pourtant si loin, au goût d’inaccessible... Sauf que le premier degré est au réseau social ce qu'est la morale chrétienne en plein open space : un truc hyper relou. Idem pour les textos, hein. Le premier degré, c’est la mort du net. Donc oui, évidemment, le Fan Facebook est über relou : toujours à répondre de tout son cœur à chaque réplique, chaque regard, chaque geste. Du genre à dire "tu viens de faire un super beau regard" quand on vient de faire un super beau regard ; du genre à se faire inviter à un tournage pour en voir « les coulisses »… le Fan Facebook sans même s’en rendre compte, suicide son imagination à force de redondance. Et il n’a jamais rigolé quand il a dit « où », et qu’on a dit « dans ton cul ». C’est triste quand même.
Le Fan Facebook, dans son ascétisme humoristique et sa rigueur intellectuelle, aurait pu être proche du mysticisme, ou d'un hyperréalisme à la Nouvelle Vague, mais n'est pas Godard qui veut. Alors, comble de misère, à défaut d'être notre ami dans la vraie vie, le Fan Facebook se contente de "liker" notre statut, blog, autre photo de profil et de nous voir de loin changer de statut de Relationship, écumer les soirées du Grand Paris, et semble même indifférent à notre baisse de régime intellectuel... Quand on aime, on ne voit pas. Mais qui est le Fan Facebook ? Il mange quoi le matin ? C’est quoi son métier ? Bonnes questions. On est sans doute tous le fan de quelqu’un : sauf que ce Fan-là s’est éperdument jeté à travers cette fissure qui l’a fait passé de l’autre côté du miroir, dans l’adoration brute la plus totale. Pourquoi a-t-il de lui-même descendu la marche, chevalier asexué, anachronique et paumé, pour nous contempler sur le piédestal de sa no life? Peut-être espérait-il secrètement être la guest star de ce blog, pardi.
Alors voilà Fan Facebook, ton grand moment de gloire, c'est maintenant ou jamais : souris, t'es grillé. Pire qu’un portrait Libé.
L'expatrié
L'Expatrié n'est pas un homme comme les autres, même s'il en a tout l'air. Être expatrié, même si on l'est de son plein gré, est comparable aux exils des voyous en Nouvelle-Guinée : l'Expatrié fuit toujours quelque chose. Sauf qu'avant de partir, il l'ignore encore, ce n'est qu'une fois sur place, stagnant dans l'exotisme moite de son nouveau pays, qu'il se rendra enfin compte : plus qu'un exilé, l'Expatrié est un évadé.
Mais que fuit aveuglément l'Expat' ? On ne part pas quelques années au bout du monde pour économiser sur ses courses de taxis. Enfin, pas que. Mais pour les femmes faciles, peut-être. C'est un fait : 99% des loser du coït sur le territoire national s'envoient en l'air au moins une bonne fois par semaine sous les tropiques. Les plus fiers ne paient pas, car les dieux sont avec eux : ils sont Blancs, de quoi faire fondre le cœur sucré d'une Népalaise, d'une Chinoise, ou d'une Sud-Africaine. Surtout si elle est professionnelle. Soyons francs, ça reste bien moins cher qu'en France, une pipe vanillée. Ça, et les chemises de coton aussi.
Il porte donc du sur-mesure et balade ses couilles légères, l'Expatrié, se targuant à qui veut, aux amis en visite par exemple, de connaître aussi bien les clubs les plus fabuleux de la Capitale de l'Asie autant que les meilleurs boui-boui du quartier, sans parler des salons de "massage". Un homme polyvalent, polyamoureux, polytrique.
Si seulement l'Expatrié était aussi à l'aise dans son propre pays ; ah, si seulement on rencontrait des Européennes frivoles en plein Paris sans payer la pinte aux tarifs en vigueur à St.Michel ! si seulement le Baron jugeait à la couleur de peau ! se dit-il aussi. Il ferait mieux le malin dedans, et pas le piteux trop bronzé paumé devant l'infranchissable porte.
C'est là la Chute perpétuelle de l'Expatrié : toujours il revient au même bitume, et toujours le même constat amer le hante : si l'adage se dit "on n'est pas à Hollywood" pour calmer les ardeurs des Parisiens, l'Expatrié finit par comprendre à ses dépends qu'on n'est pas à Shanghai, là. Eh non.
Si l'éternel retour à soi possède donc un goût amer, on ne peut blâmer l'Expatrié d'avoir eu de l'espoir : le V.I.E, ça sent la vie, la vraie, pourtant ce n'est qu'un semblant d'Amériques pour les écoles de commerce... Alors l'Expatrié un jour s'en rend bien trop compte et s'en revient, la queue entre les jambes cette fois, le reflet étoilé des buildings flamboyants de succès voilant désormais ses pupilles tristes.
Or, qui peut le narguer d'avoir réussi sa vie ?
Que celui qui a une Rolex avant 50 ans lui jette la première pierre... Ou la Rolex.
Le sympathique
Le Sympathique n'est pas le mec sympa : nuance. Le mec sympa, il n'a que sa mièvre gentillesse pour le sauver de notre pire courroux. Alors que le Sympathique, c'est son bagou et sa gentillesse qui nous perd.
Le Sympathique plaît à tout le monde. Vraiment. Sans exception. A défaut d'avoir un QI de génie, ou une culture G improbable, il a un "capital sympathie". Toujours à son taux max de 100%. C'est son aura, cherchez pas, vous aurez beau sourire pareil, jamais, je dis bien jamais, vous ne pourrez l'égaler dans le sourire spontané, le tutoiement affectueux, la tournée de bière généreuse et le déhanché parfait. Bien dans ses pompes, c'est le cool ultime : sa coolitude est contagieuse. Avec lui, les gens se sentent mieux.
Dommage pour vous...Ou pour lui.
Allez, souris chéri.
Le Sympathique plaît à tout le monde. Vraiment. Sans exception. A défaut d'avoir un QI de génie, ou une culture G improbable, il a un "capital sympathie". Toujours à son taux max de 100%. C'est son aura, cherchez pas, vous aurez beau sourire pareil, jamais, je dis bien jamais, vous ne pourrez l'égaler dans le sourire spontané, le tutoiement affectueux, la tournée de bière généreuse et le déhanché parfait. Bien dans ses pompes, c'est le cool ultime : sa coolitude est contagieuse. Avec lui, les gens se sentent mieux.
Le Sympathique a su dès son plus jeune âge capitaliser sa sympathie : on aura beau essayer de l'abandonner aux bords d'une soirée, croire qu'on connaît mieux le Tout-Paris et la Navarre aussi, il s'en sort ira toujours à taper la discut' avec mille gens qu'on aurait débilement snobés, ou timidement ignorés. Ça crève les yeux : qu'il soit abandonné dans son petit coin, accueilli chez des inconnus, ou présenté à notre tante pas sympa, elle, le résultat est le même : le Sympathique les a méticuleusement tous mis dans sa poche. Même le voisin de pallier qui est venu se plaindre du bruit...Oui. A la fin il dégainera, fier et serein, sa collection de numéros. Avec le nôtre. Roulée.
Zigzaguant à l'abri des galères, partout comme un poisson dans l'eau, le Sympathique est même sympa quand il file un clope à un chârclot. On appelle cela le zèle. Ses pires jours, son capital sympathie descend dans les 80% : en gros, il reste toujours plus cool que nous, sauf qu'il évite la méga tournée de bières. Trop dur.
Les sourires, eux, persistent quoiqu'il arrive... A nous foutre de mauvais poil, à force. On dirait qu'il fait exprès, et on n'a pas tort : on l'aime, on l'acclame et il jubile, le sympa salaud. Nous, on continue de nous traîner notre 50% de sympathie (ça fait tâche), sauf quand on va à la banque, où l'on capitalise dans le sourire, et que ça marche moyen.
Les sourires, eux, persistent quoiqu'il arrive... A nous foutre de mauvais poil, à force. On dirait qu'il fait exprès, et on n'a pas tort : on l'aime, on l'acclame et il jubile, le sympa salaud. Nous, on continue de nous traîner notre 50% de sympathie (ça fait tâche), sauf quand on va à la banque, où l'on capitalise dans le sourire, et que ça marche moyen.
Alors voilà. On fait simplement partie de ses victimes : hyper sympa quand il drague, quand il baise, quand il danse, quand il marche, le Sympathique, même quand il est indisponible, reste contre tous reproches ce mec cool avec qui on pourrait rester copine. Même s'il n'a pas daigné rappeler.
Jusqu'ici, tout va bien. Sans rancœur, surtout si tu débarques à 98% avec tes yeux enjoliveurs, ou que tu m'envoies encore un SMS 100% trop sympa.
Mais.
(Évidemment, le mais. On n'est pas chez les Bisounours ici.)
Mais attention si vous restez insensible à ses charmes, ne serait-ce que deux heures, vous le verrez sans fards : le Sympathique est une putain de sangsue humaine. A force de le traîner à toutes les soirées, ce contorsionniste des sentiments et des situations, équilibriste du bon mot et du rire, à l'avoir présenté même à votre famille, (puisqu'il est tellement cool qu'il se coltine même les après-midi famille chez votre mamie Yeta) vous avez creusé votre tombe amoureuse, et maintenant c'est mort : il est invirable. Ses 100%, c'était un putain de CDI. Comment le larguer ? Il est toujours compréhensif, et surtout très malin... Ses arrières sont bien assurés. Oui, tout le monde l'aime. Des doutes ? Demandez à votre frère, votre meilleure amie, votre ex, tous, sans exceptions, vous le diront : ce mec est mortel, charmant, hyper cool, bref, naturellement très sympathique. On se dit limite qu'il aurait pu donner un autre sens de l'Histoire, s'il avait connu Hitler. C'est foutu. Tout le monde l'adore.
Tout le monde sauf vous. Mais vous, vous êtes dans la mouise. Toutes les cases sont bien trop remplies : il plaît bien à votre père, et les copines font la queue, en attendant la fin du coup de cœur, baveuses.
Ainsi, maître du jeu, le Sympathique a tout raflé : pour le quitter, faudrait être une nazie du sentiment, à ce stade. Surtout que depuis la semaine dernière, il taquine le ballon avec votre bande de meilleurs copains.
Ça en foutrait un bon coup à votre petit capital sympathie à vous, de le dégager sec.
Ça en foutrait un bon coup à votre petit capital sympathie à vous, de le dégager sec.
Allez, souris chéri.
L'amnésique
Il y a deux sortes d'amnésiques : l'Amnésique mignon, et l'Amnésique aigu. On pardonne volontiers le premier et on déteste le second.
Heyyyyy !...
...
...
...
Phase typique de l'Amnésique mignon : il se souvient pas de vous. Il y a plusieurs raisons à cela : en primaire vous n'étiez pas bonne, il vous a brisé le cœur de tant mater votre copine, vous étiez bourrés et ça a pas duré longtemps de toute façon. Enfin, l'un des deux s'est vite échappé de la vie de l'autre. Peu importe lequel, ce qui est drôle c'est que l'Amnésique mignon se sentira toujours un peu coupable, dans le doute, en mode poisson rouge.
Je sais plus qui c'est, mais si ça se trouve je me suis mal comporté avec elle.
Jubilatoire.
Dans ces cas-là, autant tourner la situation à votre avantage. Oui, on ment. L'Amnésique n'en saura rien, c'est ça qui est bien. Sabrina devient Julie, Carole la pauvre Laure, un numéro échangé devient une partie de baise foirée. Et toc. Attention cependant à ne pas vous faire rouler par l'Amnésique mignon : ses petits oublis tournent parfois à votre désavantage. Genre il a passé la soirée à vous saouler pour votre numéro de tel, et maintenant il se demande bien qui vous êtes. Petit bâtard, c'est trop facile. Carrément humiliant. On préconise la franchise : "à l'époque, t'en pouvais plus sur mon cul, tu m'a harcelé tout la sainte soirée."
...Glou glou...
Il sera bouche-bée en mode Nemo. Bingo.
Enfin, il y a l'Amnésique aigu en mode blocage freudien dégueulasse. L'Amnésique aigu est arrogant, fuyard, et imbu de sa petite personne qu'on aurait préféré ne pas connaître. C'est par exemple celui avec qui vous êtes restée longtemps, qui vous a trompé, et qui ne fait pas l'effort de s'en souvenir durant une phase flirt à deux balles :
-Mais au fait ma belle, pourquoi on s'est quitté ?
-Parce que j'ai découvert ton autre profil Facebook, connard.
Regard en biais, mémoire sélective coupable, sens moral atrophié, sentiment tièdes, il détient le combo du mauvais second rôle de notre vie.
S'il y a maintes variantes, un noyau dur persiste quoiqu'il arrive : l'Amnésique aigu vous en a vraiment fait baver et ne s'en souvient absolument pas. Délicatesse en paresse.
Un jour, saoul, il vous a dit que même pas en rêve il finirait sa vie avec une meuf comme vous.
Ah bon ?
Que cette histoire, c'est vous et uniquement vous qui avez voulu la vivre.
Mais nan..!
Qu'une autre fois, il vous a traité de sale pute dix fois de suite, énervé, pour rien.
Arrêêêête.
Ça l'arrange bien. C'est le principe du bourreau, et de la victime : la plupart du temps, les mauvais oublient. C'est qu'il faut bien vivre avec soi-même. L'Amnésique aigu l'a bien compris et s'enroule dans sa bêtise et ses oublis comme un rouleau de printemps pourri.
Le drogué
Ah ! Les paradis artificiels ! Ah, l'absinthe, l'amiante, le haschich... Douces substances pour tenir le fil vaporeux des jours trop longs et trop sirupeux. Le Drogué s'y perd, constamment, tranquillement : c'est ses trois 8 à lui : la chercher, la prendre, la savourer.
Il y a drogué, et Drogué, bien sûr. Vous, les pubards cyniques, vous les pétasses du samedi soir, les infidèles de la coke et du MD, vous ne convainquez personne : ça vous passera. Ou pas. Peut-être vous aurez de faibles mais bien présents petits tremblements, vers les 50 ans. On dira de vous : il a fait la campagne Nokia, ou il mixait chez Moune. Vous en garderez un beau souvenir, donc, de ces folles années aspirées.
Sauf que vous n'avez rien à voir avec le Drogué français. Loin des films de Spike Lee, il ne suce personne pour 5 euros, sauf qu'il fiche en l'air une bonne partie de sa sexualité pour un pétard d'héro bien tourné. Car ce qu'on ne dit pas suffisamment sur les couv' à scandales des magazines, sur les Pete et autres, c'est comment c'est en privé, un Drogué.
Déjà, le Drogué ne met jamais de capotes quand il baise. C'est comme ça. Rebel Rebel. Non pas que les maladies ne passeront pas par lui, bien au contraire, seulement s'il met un capote anglaise, il ne bande pas. Simple. Mais encore, ce n'est pas une véritable singularité. Nous savons bien que le Drogué n'est pas le seul faiblard du gland, n'est-ce pas. La bandaison fragile est désormais un mal public, allez savoir pourquoi, encore la faute au plastique.
Sauf que chez le Drogué ça se double : s'il a la gaule fragile, très fragile, par ailleurs il sécrète. Comme si son corps gérait mal ses flux : le Drogué a les mains moites, les tempes dégoulinantes, la salive pâteuse, le dos humide, et le zizi mou. C'est d'ailleurs ainsi qu'on le reconnaît, à sa pâleur, ses yeux un peu exorbités, et la sueur froide, qui ne lui laisse jamais de repos.
Ainsi, le Drogué a du mal à conclure. Ne croyez pas que ça ne le blesse pas, au contraire, vraiment ça le vexe. C'est peut-être pour cela aussi qu'il se défoncera demain. De n'avoir pu conclure la veille.
Mais c'est aussi ça qu'on aime avec le Drogué : il ne mange jamais, ne dort jamais. C'est une contre-force de la nature. Économe, en plus.
Et c'est ça qui est malgré tout grisant avec le Drogué, ce je m'en foutisme porté tant à l'extrême que fondamentalement il s'en tape de lui, de nous, de tout. Prêt à tout foutre en l'air constamment, hors-la-loi et hors du temps. Ses promesses sont toujours intenables, et s'il se pointe au rendez-vous, c'est comme un miracle qui nous transporte réellement de joie. Le Drogué est là. Il ne comate pas chez lui, mais nous emmène promener. Vers de nouvelles aventures.
Car le Drogué, anéanti, fauché, se doit d'être débrouillard et futé : on grille les queues, les portes, on passe, évanescent, personne ne dit jamais rien, personne n'ose, le Drogué plane, le Drogué est planant.
Vraiment, c'est dommage pour la baise.
Il y a drogué, et Drogué, bien sûr. Vous, les pubards cyniques, vous les pétasses du samedi soir, les infidèles de la coke et du MD, vous ne convainquez personne : ça vous passera. Ou pas. Peut-être vous aurez de faibles mais bien présents petits tremblements, vers les 50 ans. On dira de vous : il a fait la campagne Nokia, ou il mixait chez Moune. Vous en garderez un beau souvenir, donc, de ces folles années aspirées.
Sauf que vous n'avez rien à voir avec le Drogué français. Loin des films de Spike Lee, il ne suce personne pour 5 euros, sauf qu'il fiche en l'air une bonne partie de sa sexualité pour un pétard d'héro bien tourné. Car ce qu'on ne dit pas suffisamment sur les couv' à scandales des magazines, sur les Pete et autres, c'est comment c'est en privé, un Drogué.
Déjà, le Drogué ne met jamais de capotes quand il baise. C'est comme ça. Rebel Rebel. Non pas que les maladies ne passeront pas par lui, bien au contraire, seulement s'il met un capote anglaise, il ne bande pas. Simple. Mais encore, ce n'est pas une véritable singularité. Nous savons bien que le Drogué n'est pas le seul faiblard du gland, n'est-ce pas. La bandaison fragile est désormais un mal public, allez savoir pourquoi, encore la faute au plastique.
Sauf que chez le Drogué ça se double : s'il a la gaule fragile, très fragile, par ailleurs il sécrète. Comme si son corps gérait mal ses flux : le Drogué a les mains moites, les tempes dégoulinantes, la salive pâteuse, le dos humide, et le zizi mou. C'est d'ailleurs ainsi qu'on le reconnaît, à sa pâleur, ses yeux un peu exorbités, et la sueur froide, qui ne lui laisse jamais de repos.
Ainsi, le Drogué a du mal à conclure. Ne croyez pas que ça ne le blesse pas, au contraire, vraiment ça le vexe. C'est peut-être pour cela aussi qu'il se défoncera demain. De n'avoir pu conclure la veille.
Mais c'est aussi ça qu'on aime avec le Drogué : il ne mange jamais, ne dort jamais. C'est une contre-force de la nature. Économe, en plus.
Et c'est ça qui est malgré tout grisant avec le Drogué, ce je m'en foutisme porté tant à l'extrême que fondamentalement il s'en tape de lui, de nous, de tout. Prêt à tout foutre en l'air constamment, hors-la-loi et hors du temps. Ses promesses sont toujours intenables, et s'il se pointe au rendez-vous, c'est comme un miracle qui nous transporte réellement de joie. Le Drogué est là. Il ne comate pas chez lui, mais nous emmène promener. Vers de nouvelles aventures.
Car le Drogué, anéanti, fauché, se doit d'être débrouillard et futé : on grille les queues, les portes, on passe, évanescent, personne ne dit jamais rien, personne n'ose, le Drogué plane, le Drogué est planant.
Vraiment, c'est dommage pour la baise.
Le beau parleur
On a toutes eu un Beau Parleur, au moins une fois. Cette fois-là est pardonnable, tandis que les autres sont regrettables. On n'y peut rien : la frontière est minime, entre un Beau Parleur, et un grand amour. Les mots sont presque les mêmes, les promesses identiques. La seule différence, c'est qu'avec le Beau Parleur, on se fait littéralement et littérairement baiser. Car le Beau Parleur a souvent les mots qu'il faut, les caramels, les bonbons, les chocolats, les mots bleus, mais justement, le Beau Parleur ne les dit pas qu'avec les yeux. C'est la bite qui parle en fait. Pas le cœur. La quéquette. Grâce à son bambou, il ose dire ce que d'autres redoutent à proférer. Le Beau Parleur est tête brûlée. Il fonce. Cash. Éjacule des mots d'amour comme on dit bonjour.
Toi et moi, on pourrait s'aimer.
Toi et moi, on pourrait s'aimer.
Nos enfants seraient trop beaux.
Tu fais quoi pour le nouvel an ?
Je crois que tu ferais bien marrer ma mère.
C'est tout un art : le Beau Parleur susurre sans crainte les grands tabous amoureux avec un naturel vraiment déconcertant, et en quelques prépositions simples, il insinue des propositions dingues : enfants, engagement, famille, long terme, voyages, amour toujours... Le Beau Parleur évoque sans peur. Le Zorro des bons mots. Le Delon de l'union.
Le problème, c'est que le Beau Parleur est quasi décérébré : il ne se rend pas compte. Pas du tout. Il ouvre les bras, dessinant un avenir grisant, l'aventure, la grande aventure, alors qu'en vrai demain il rappellera pas demain car demain, c'est loin. Vous croyez quoi, la mère, les potes, le nouvel an, les vacances, tout ça ne sont que des métaphores qui veulent dire : je veux que tu me suces ce soir. Avec comme variantes : je veux te baiser ce soir. Demain, on insiste, c'est loin. Si le Beau Parleur ne peut s'empêcher d'y ajouter de la valeur, à sa belle partie de coït, du genre la smala, la procréation et le mariage, c'est pour la beauté du geste : il veut vous baiser, oui, mais avec des étoiles dans vos yeux. Faut croire qu'il est un peu bling-bling, il aime quand ça brille, il veut niquer clinquant.
Se leurre-t-il lui-même ? Le Beau Parleur aime-t-il l'amour au point d'être parfaitement incapable d'appeler une baise une baise, au point de devoir à chaque conquête parler mariage ?
Pauvre Beau Parleur : vous ne comprenez rien au romantisme. On se demande bien par quel pragmatisme bizarre -et sans doute vénal- vous avez interprété ses paroles. Mollo mollo. Quand le Beau Parleur dis "pars avec moi au Brésil", il faut comprendre "viens on se voit demain soir à la Favela". C'est pourtant simple. Il vend de l'infini, oui, mais au détail.
Scénariste accompli, rêveur invétéré, parolier impitoyable, Don Juan même le dimanche, le Beau Parleur conte fleurette sans grande conscience de ses mots creux. C'est plus fort que lui, c'est comme être un bon amant, on l'est, ou pas. Et d'ailleurs : en quoi je veux juste baiser serait plus juste que de dire nos mômes seront canons ? Un peu d'élégance, que diable.
Le hic, c'est qu'on y croit presque plus, à l'existence du Beau Parleur. On a la bêtise de se dire qu'en 2010, y'a un côté has been à mentir, car c'est du mensonge hein, pour pieuter une nana. On se dit qu'entre adultes consentants, y'a plus trop besoin de dire je t'aime à une meuf pour sexer. On se trompe. Le je t'aime, ça marche encore du tonnerre. Années 50, an 2000, même combat, l'intemporalité du Beau Parleur ne résiste pas à la libération sexuelle.
Il drague à l'ancienne.
Et vous baise à l'ancienne.
Le Beau Parleur, un grand classique.
Il drague à l'ancienne.
Et vous baise à l'ancienne.
Le Beau Parleur, un grand classique.
Le Bob Dylan
On n'est pas là pour parler de Bob Dylan littéralement, mais plutôt le genre de Bob Dylan qui permet de dire qu'un mec est un Bob Dylan. Le Bob Dylan est un phénomène rare, séduisant, et décevant. On vous prévient d'avance.
Le Bob Dylan est un rageux, et il nous enrage. Nos Tu m'aimes ? contre ses Non, contents d'une ironie trop facile, nos envies qu'il nomme des caprices, nos engagements qu'il ressent comme des efforts nous découragent, certes, mais bizarrement on ne lui balance pas encore notre verre de vin dans la gueule au resto.
You say you're looking for someone
Who'll pick you up each time you fall,
To gather flowers constantly
An' to come each time you call,
A lover for your life an' nothing more,
But it ain't me, babe,
No, no, no, it ain't me, babe,
It ain't me you're lookin' for, babe.
Parce que le Bob Dylan, tout comme son surnom l'indique, est talentueux. Il fait forcément quelque chose de bien, et ce il le fait mieux que personne.
Le Bob Dylan est atteint, donc, du syndrome Bob Dylan : il nous aime mais est profondément incapable d'être gentil. Ou doux. Le Bob Dylan même subjugué par notre beauté, nos qualités, bref, notre personne toute entière, ne peut cependant pas s'empêcher de nous appeler "petite conne", de nous raccrocher au nez, nous poser des faux plans et répondre par la négative à chaque question positive et légèrement encourageante.
Le Bob Dylan est un rageux, et il nous enrage. Nos Tu m'aimes ? contre ses Non, contents d'une ironie trop facile, nos envies qu'il nomme des caprices, nos engagements qu'il ressent comme des efforts nous découragent, certes, mais bizarrement on ne lui balance pas encore notre verre de vin dans la gueule au resto.
Pourquoi sommes-nous si gentilles et bienveillantes envers le Bob Dylan, sale gosse cynique qui sait mieux que personne nous décevoir ? Qui s'éprend du pire parisianisme pour être un connard avenant et bien fier de sa personne ?
You say you're looking for someone
Who'll pick you up each time you fall,
To gather flowers constantly
An' to come each time you call,
A lover for your life an' nothing more,
But it ain't me, babe,
No, no, no, it ain't me, babe,
It ain't me you're lookin' for, babe.
Parce que le Bob Dylan, tout comme son surnom l'indique, est talentueux. Il fait forcément quelque chose de bien, et ce il le fait mieux que personne.
Démesurément sexy.
Furieusement indépendant.
Sa nonchalance d'être un homme pleins de défauts, sa capacité à être fat rien que pour la beauté du geste a quelque chose de fascinant. Il nous a pas menti. Le Bob Dylan ne ment pas : on sait dès le départ que ça finira en eau sale. Mais on n'arrive pas à y croire, un peu comme le prince charmant, sauf que c'est pas le prince charmant mais le cavalier qui saute la princesse et se casse avec tout l'or du royaume. On croyait qu'un mec comme ça, on n'en faisait plus depuis que la pilule a rendu les couples libres et égaux en droits. Non pas. Le Bob Dylan est atemporel et éternel : constamment peur d'aimer, d'engrosser, de casquer. A l'ancienne.
I'm walkin' down that long, lonesome road, babe
Where I'm bound, I can't tell
But goodbye's too good a word, gal
So I'll just say fare thee well
I ain't sayin' you treated me unkind
You could have done better but I don't mind
You just kinda wasted my precious time
But don't think twice, it's all right
Where I'm bound, I can't tell
But goodbye's too good a word, gal
So I'll just say fare thee well
I ain't sayin' you treated me unkind
You could have done better but I don't mind
You just kinda wasted my precious time
But don't think twice, it's all right
Impitoyable. Beau. Cruel.
Et quand on baise comme une femme, et qu'on pleure comme une petite fille, on se dit que finalement, on aurait mieux fait de le laisser passer ses nerfs talentueux sur une autre pauvre meuf.
So don't lay, ladies. Et laissez-le à lui-même, avec sa hargne et ses bons mots, seul.
Like a rolling stone, a complete unknown.
L'Impuissant
Rien qu'en lisant le titre, on peut vous sentir en crispation intense. Si.
Ceux qui sont impuissants se crispent, et on les comprend. Les pauvres.
Ceux qui ont connu l'Impuissant se crispent, et on les comprend. Les malheureuses.
Ceux qui ont peur de l'être, ou qui redoutent de rencontrer l'Impuissant se crispent aussi, et on les comprend tout autant. C'est flippant, un Impuissant.
Mais aussi c'est ça qui est fort chez l'Impuissant, car même si c'est fondamentalement un incapable, hein, on peut quand même lui accorder un certain talent malgré tout : celui de générer un sentiment de crainte et de déception plus solidaire et collectif que les régionales, par exemple. Disons que l'Impuissant pourrait mettre d'accord tous les Français, s'il le voulait.
Ceux qui sont impuissants se crispent, et on les comprend. Les pauvres.
Ceux qui ont connu l'Impuissant se crispent, et on les comprend. Les malheureuses.
Ceux qui ont peur de l'être, ou qui redoutent de rencontrer l'Impuissant se crispent aussi, et on les comprend tout autant. C'est flippant, un Impuissant.
Mais aussi c'est ça qui est fort chez l'Impuissant, car même si c'est fondamentalement un incapable, hein, on peut quand même lui accorder un certain talent malgré tout : celui de générer un sentiment de crainte et de déception plus solidaire et collectif que les régionales, par exemple. Disons que l'Impuissant pourrait mettre d'accord tous les Français, s'il le voulait.
Du talent dans sa faiblesse. L'impuissant, un mythe vivant. Inquiétant. Jamais trop loin, qui nous guette un peu au détour de n'importe quelle paire de draps Ikéa, prêt à l'attaque la débâcle.
Un emblème national, quoi.
Pour l'Impuissant, il y a des phrases cultes et un discours pré-établi conçu spécialement pour lui : des "t'inquiète, je m'en fiche, je suis bien dans tes bras" déclamés par la pauvre fille déçue, cependant trop beaux pour être vrais ; des "c'est la première fois que ça m'arrive", tellement entendus que ça va deux secondes, si cette panne c'est la première, cette passe aussi c'est la première alors. On s'en donne à cœur-joie, mytho pour mytho, mollesse pour mollesse. Autant quitter vite le lit, triste théâtre d'une action regrettablement avortée. On a presque envie de pleurer, même.
Pour l'Impuissant, et notons qu'il se cache très bien hein, qu'il parfois a de l'argent, un bel appartement, et même des amis sympas, pour l'Impuissant il y a, rappelons-le sans vergogne, des problèmes moteurs et des problèmes sexuels. Ainsi l'Impuissant, aussi improductif soit-il pour notre organisme, devient malgré tout une machine super productive : pour lui, médecins spécialisés, sexologues, Viagra, godes. Au petit bonheur la chance. Il génère tout un business, et ce sans rien faire, justement. Un génie un peu, le petit.
Pour l'Impuissant, il y a des phrases cultes et un discours pré-établi conçu spécialement pour lui : des "t'inquiète, je m'en fiche, je suis bien dans tes bras" déclamés par la pauvre fille déçue, cependant trop beaux pour être vrais ; des "c'est la première fois que ça m'arrive", tellement entendus que ça va deux secondes, si cette panne c'est la première, cette passe aussi c'est la première alors. On s'en donne à cœur-joie, mytho pour mytho, mollesse pour mollesse. Autant quitter vite le lit, triste théâtre d'une action regrettablement avortée. On a presque envie de pleurer, même.
Pour l'Impuissant, et notons qu'il se cache très bien hein, qu'il parfois a de l'argent, un bel appartement, et même des amis sympas, pour l'Impuissant il y a, rappelons-le sans vergogne, des problèmes moteurs et des problèmes sexuels. Ainsi l'Impuissant, aussi improductif soit-il pour notre organisme, devient malgré tout une machine super productive : pour lui, médecins spécialisés, sexologues, Viagra, godes. Au petit bonheur la chance. Il génère tout un business, et ce sans rien faire, justement. Un génie un peu, le petit.
Le roi du paradoxe : je fais rien mais je génère.
Or l'Impuissant n'en est pas à un paradoxe prêt : pour lui, et c'est bien là le comble, il y a que la bite qui compte. L'Impuissant regardera tout penaud son engin, et vous oubliera en deux secondes, perdu dans un monologue intérieur avec son zizi riquiqui et mollasson. Dialogue de sourd.
-Lève-toi.
-Non.
-Putain lève-toi.
-Non.
-Allez, steuplé, lève-toi.
-Non.
-Rien qu'une fois.
-Va te faire foutre, impuissant.
Mais des questions s'imposent. Avec tous ces Impuissants agaçants, ces Impuissants qui servent à rien d'autre que causer des soucis, ces Impuissants déprimants : existe-t-il des impuissants puissants ? Des irréductibles gaulois décidés à conquérir la Gaule malgré la fragilité de leur menhir ? Coûte que coûte ? Sans craindre l'incrédulité des Romains ?
Certes, il y a l'Impuissant qui se sait impuissant, et pour lui, c'est cuit à mort. Franchement, il est im-puis-sant. Le terme en lui-même le condamne à vie. Impuissant, impuissant, ça résonne dans sa tête, dans sa vie, dans son lit. (Pas dans notre cul, malheureusement.)
-Lève-toi.
-Non.
-Putain lève-toi.
-Non.
-Allez, steuplé, lève-toi.
-Non.
-Rien qu'une fois.
-Va te faire foutre, impuissant.
Mais des questions s'imposent. Avec tous ces Impuissants agaçants, ces Impuissants qui servent à rien d'autre que causer des soucis, ces Impuissants déprimants : existe-t-il des impuissants puissants ? Des irréductibles gaulois décidés à conquérir la Gaule malgré la fragilité de leur menhir ? Coûte que coûte ? Sans craindre l'incrédulité des Romains ?
Certes, il y a l'Impuissant qui se sait impuissant, et pour lui, c'est cuit à mort. Franchement, il est im-puis-sant. Le terme en lui-même le condamne à vie. Impuissant, impuissant, ça résonne dans sa tête, dans sa vie, dans son lit. (Pas dans notre cul, malheureusement.)
Puis il y a l'Impuissant "comme un puissant". Qui ne dialogue pas avec sa bite. Qui vous fait oublier sa bite. Qui fait comme si de rien n'était, tellement qu'on finit par croire que rien de chelou n'est en train de se passer. Ou de pas se passer, plutôt. Il fait mine de vraiment pas comprendre quand, embêtée, on murmure : "c'est pas grave, t' sais (j'ai l'habitude, c'est la première fois, hein )".
C'est celui qui pense que ce n'est véritablement pas grave. L'Impuissant dans le déni, quoi.
Il a sans doute raison, et il le prouve. On jouit même. Pas comme d'habitude, mais on sent qu'il y a quelque chose de quasi mystique à jouir sans bambou justement.
Mais en fin de compte, orgasme à la clef ou pas, nuit de folie ou pas, il ne reste qu'une seule Vérité, universelle et transcendantale, à laquelle nous sommes obligées de toutes et tous nous soumettre tant elle reste toujours valable :
Quoiqu'il fasse, quoiqu'il dise, l'Impuissant est un Impuissant.
Et cette impasse conceptuelle et corporelle résonnera toujours. Partout. Sauf dans notre cul. Et c'est bien çà le problème.
Il a sans doute raison, et il le prouve. On jouit même. Pas comme d'habitude, mais on sent qu'il y a quelque chose de quasi mystique à jouir sans bambou justement.
Mais en fin de compte, orgasme à la clef ou pas, nuit de folie ou pas, il ne reste qu'une seule Vérité, universelle et transcendantale, à laquelle nous sommes obligées de toutes et tous nous soumettre tant elle reste toujours valable :
Quoiqu'il fasse, quoiqu'il dise, l'Impuissant est un Impuissant.
Et cette impasse conceptuelle et corporelle résonnera toujours. Partout. Sauf dans notre cul. Et c'est bien çà le problème.
Le Corse à Paris
Si l'on parle d'un Corse en Corse, on n'est certes pas à court de clichés, et de romanesque : et que je te chope dans le maquis, et que je te chasse un marcassin, et que je t'emmène en mule dans la montagne. (Le Corse de Corse est un berger, fondamentalement.)
Le Corse à Paris, c'est définitivement autre chose. Et ceux qui sont Corses à Paris ne me contrediront pas. Ne nous éternisons pas sur le nombre flippant de fonctionnaires, pour ne pas dire poulets, qui sont des Corses à Paris. Si sur l'île ils sont profs, sur le continent ils se dégénèrent. Flics Corses... La meilleure solution pour éviter ces pourris de flics Corses à Paris, c'est d'avoir un bel autocollant du Maure sur la vitre arrière, ou le casque de scooter. Véridique. On fait pas chier un cousin.
Parlons maintenant des autres Corses à Paris.
Comme on dit chez nous : "Les meilleurs Corses, ce sont ceux qui ont quitté l'Ile."
Comme on dit chez nous : "Les meilleurs Corses, ce sont ceux qui ont quitté l'Ile."
Ils ne sont heureusement pas tous flics. Comment rapidement les reconnaitre ? Les Corses parisiens, sachez-le, se donnent à être reconnus. Ils ne vont pas attendre que vous daignez vous intéresser à eux pour vous le dire. Ils y vont franco, un peu comme les Bretons. Je suis Corse. Comprenez : je suis pas un pigeon, ni un poulet (cette fois), alors fais bien gaffe à ta petite gueule. Essayez donc d'être en de bons termes avec le Corse à Paris, ça vous évitera : 1°) D'avoir des flics Corses au cul, ou toute une famille en rage 2°) De vous faire planter pour une petite plaisanterie de trop 3°) D'être persona non gratta à l'aéroport d'Ajaccio. Comme les juifs, ou les Chinois, c'est une vraie communauté. Invisible, omniprésente. Et les Corses à Paris sont les pires des Corses : jalousés sur l'île de beauté par les pecnots qui sont restés, considérés comme des traîtres, ils se serrent bien les coudes à la Capitale. Normal. On a moins honte à plusieurs.
Le Corse à Paris est brun. Faut pas déconner avec les métissages, vus n'en verrez pas UN blond. Corse, corsé, brun, c'est dans l'âme. Même le sang est plus foncé, et il tourne plus vite, à ce qu'il paraît.
Le Corse à Paris ne parle pas le Corse, ou très mal. Mais il connaît des mots corses, bien sûr : coppa, castagnu, brocciu, lonzo, ... Des noms de bouffe. Car c'est ce qu'il a gardé précisément de son pays (qui n'est pas la France, mais La Corse) : le goût des bonnes choses, et une maison de vacances. Le Corse à Paris est donc le comble du chic. Ne soyez pas snob avec lui, avec un peu de chance, il vous invitera dans sa maisons dans les terres, se baigner dans des rivières où les touristes se font canarder, tranquillité du pays et haine des touristes oblige.
Le Corse à Paris est charmant. Eh oui, il est brun, aime la bonne bouffe et a une maison en Corse. Que demande le peuple ? Mais attention : le Corse, à Paris ou ailleurs, reste un Corse. Toujours.
S'enticher d'un gars teigneux comme lui est risqué. Avant même d'avoir eu le temps de dire Cazzu*!, vous voilà habillée toute de noir, l'air austère, avec un couvre-feu de 22h pétantes.
Et faites attention quant à le faire curnutu** : soit il vous fait la peau, soit il ne vous parle plus.
Jamais.
Plus jamais.
Plus jamais jamais.
Car le Corse, est, avant toute chose, rancunier.
Vindetta !
*pénis
**cocu
Le cougar's boy
Si vous ignorez totalement ce qu'est une cougar, ou que vous pensez que cela ne vous concerne pas, c'est que vous avez soit moins de trente ans, des amis qui ne font jamais de blagues vaseuses, une maman moche, soit très peu de projection dans un avenir proche. Qu'on ait passé la trentaine importe peu, être une cougar est une attitude : c'est-à-dire qu'on peut déjà, à 20 ans, décider qu'on se tapera les amis de son fils plus tard. C'est sain, même.
A bon entendeur, salut.
Fan de Demi et de son chéri crousti, le principe de la cougar est simple, et pourtant il est question de symbiose : pas de cougar sans le minet de la cougar, of course. Sinon, c'est pas cougar, c'est vieille peau, ou vieille fille, ou pauvre célib', ou mal baisée. Avec petit boy, c'est femme bien dans sa peau, moderne, désirable... C.O.U.G.A.R, baby !
Alors c'est qui, le Cougar's Boy ? Car pas tous les jeunes hommes nés en 1990 se tapent les amies de maman.
Le Cougar's boy sort, et comme la nuit, tous les chats sont gris, après quelques coupes, l'hésitation pointe, et l'alcool prend le dessus : Il n'a pas vraiment 19 ans, quand même. Il fait plus jeune, c'est tout. Erreur.
Malin, il fait très attention à ne pas citer son activité, qui est scolaire, lycéenne ou étudiante, et a vite compris que le bac, mieux fallait faire genre c'est de l'histoire ancienne. Même si secrètement, il est hyper fier d'avoir eu 13 sans réviser. Ça, ce sont les plaisirs qu'il garde lorsqu'il va boire un lait vanille avec ses amis secrets, ceux qui ont son âge. Le Cougar's boy rentre au Baron, puisqu'il est sous le bras de femmes influentes qui ont décidé des nuits parisiennes de 1985 à nos jours. Autrement dit, il est dans la place, ce jeune premier.
La question qui vous taraude et que vous taisez, c'est s'il couche, ce bel éphèbe à la barbe blonde naissante qui sent le coton et la crème. Au départ, on se dit qu'il est gentil, doux, attentionné, autrement dit, on oublie totalement que son être abrite un pénis fier et vigoureux. Sa jeunesse nous fait oublier que c'est un mâle. Qui peut faire mal. (Heu... bon.)
Aussi trash que cela puisse paraître, quand vous imaginez les deux corps dans le noir, celui de celle qui a vécu, et celui du petit qui est en train de vivre, la peau lisse et fraîche contre la peau qui se tartine d'anti-rides à go-go, sachez qu'ils baisent bien franchement. Si la Cougar est hésitante, ne sachant si elle doit le manger tout cru, le petiot, ou avaler sans prévenir, le Cougar's boy fait tranquillement son chemin, sans crainte, confiant. Et hop, par-dessus la jambe ! A la Ashton, quoi.
Que la femme se laisse aller entre ses bras trop maigres. Il est décomplexé, nonchalant, bien dans sa tête et dans sa peau, sort du lit à poil tranquille (même s'il n'a pas de poils), montrant sans vergogne son jeune corps qui nous rappelle nos amoureux de 20 ans.
Souvenirs, souvenirs.
Et l'amour, justement, parlons-en. Quel avenir avec ce Cupidon, se demande la cougar décoiffée et cernée au réveil ? Le cougar's boy ne doit-il pas suivre son chemin avec une belle jeune fille de son âge, qu'il pourra présenter à ses parents, et dépuceler, au mieux ?
Les conversations sur l'oreiller sont dangereuses, et pourtant, elle lui demande. Car la cougar n'a pas froid aux yeux, ni aux fesses.
-Dis-moi chouchou, toi ça te dérange pas, une femme de mon âge ? J'ai 30 ans quand même, et toi tu repasses ton bac...
-Oh, t'sais, t'inquiètes, j'ai l'habitude, t'es pas la plus vieille, mon ex, elle avait 36 ans et deux enfants.
Ah...
Oui.
Car le Cougar's boy sort avec des cougar. QUE avec des cougar.
Comme quoi, on peut se sentir roulée dans la farine, même quand on porte un stérilet.
Le didier
Vous les femmes qui ne tombez que sur des Didiers, may you find a peace of mind, ou changez un peu de mode de vie. Ne serait-ce qu'une semaine ou deux.
Mais tout ce qu'on sait de lui, en un sens, c'est déjà trop. Alors on lui dit oui oui, on lui promet qu'on viendra, on lui file un faux numéro, on le met en limited profile Facebook, et on passe à une autre.
Parce que le Didier, comme son nom l'indique, ... Bah. On l'appelle Didier quoi. C'est déjà trop.
Parce que le Didier, ce n'est pas, malgré ce que son nom indique, le collègue de bureau de la Défense qui sue dans l'ascenseur le matin et dont la chemise trop large/trop serrée aux poignets nous fout le seum. Non, le Didier, c'est plutôt à La Fidélité, au Montana, chez Régine, ou encore dans les nouveaux lieux un peu pourris qui ouvrent, genre le Tigre, qu'on le croise. Il flaire la vib', il cherche des nouveaux lieux tendances. Le Didier est toujours trop souriant. Pour être copain avec tout le monde. Personnalité figée, il vous invite toujours avec le même genre de crédo : "viens, ce sera hyper sympa comme soirée !".
Le Didier fait pleins de trucs à la fois, il croule sous les projets, et c'est justement ça qui le caractérise : un peu agent d'artistes, il vous pompe l'air à vous parler de son nouveau groupe de poulains qui vont cartonner tellement que même Air va pas s'en remettre. Un peu organisateur de soirées, vous recevez 5 mails Facebook par jour pour une obscure soirée un jeudi au fin fond du 20ème, où y'aura pleins de musiciens, pleins de gens très sympas et où ça coûte que 7 euros l'entrée avec une conso. Gonflant.
Et surtout, le Didier est un peu Dj. Il passe des mp3 de ouf dans des bars de son quartier, à proximité, c'est mieux : s'il lève de la gonz', c'est pratique, pas besoin de lui payer le taxi, il habite "juste en face". Oui, le Didier est sympa mais, éparpillé dans ses inombrables activités trop ultra interessantes, il est, malgré sa créativité dingue donc, fauché. N'attendez pas qu'il vous invite au resto. De toutes façons, il ne mange pas. Sauf des Knacki balls à 8 heures du matin. Parce que le Didier sait aussi être trashos dès le petit jour. En scred.
Et surtout, le Didier est un peu Dj. Il passe des mp3 de ouf dans des bars de son quartier, à proximité, c'est mieux : s'il lève de la gonz', c'est pratique, pas besoin de lui payer le taxi, il habite "juste en face". Oui, le Didier est sympa mais, éparpillé dans ses inombrables activités trop ultra interessantes, il est, malgré sa créativité dingue donc, fauché. N'attendez pas qu'il vous invite au resto. De toutes façons, il ne mange pas. Sauf des Knacki balls à 8 heures du matin. Parce que le Didier sait aussi être trashos dès le petit jour. En scred.
Car le Didier est mystérieux. Difficile de le voir avant 20h, heure sacrée où il organise un apéro cool dans un bar hyper sympa (encore). Que fait-il le matin ? Qui est-il ? Qui sont ses parents ? A t-il son bac ? Une sécu sociale ? Un nom de famille ? Mystère.
Enfin, le Didier n'a pas d'âge. Mais on grille à sa culture 80 qu'il a du passif. Trentenaire, on ne saurait dire son âge qu'à la lumière du jour. Mission impossible de dater le Didier, donc, puisque le matin il est introuvable et croule sous les Knacki balls.
Éphémère, le Didier ne couche qu'avec des filles qui n'ont pas eu le temps de se rendre compte que c'était un Didier, justement. C'est pour ça que ses relations ne passent pas les deux semaines. Pauvres victimes du Didier. Elles se sont laissées avoir par sa chemise à carreaux et sa barbe décontractée. Elles avaient pas vu qu'il mettait de l'anti-ride Garnier et qu'il s'épilait les sourcils, la journée, quand il vit sa double vie. (Peut-être même qu'il déjeune tous les jours chez maman ? Qui sait ?...)
Parce que le Didier, comme son nom l'indique, ... Bah. On l'appelle Didier quoi. C'est déjà trop.
Le doucheur
Non, ce n'est pas une métaphore nazie, circulez les fachos.
- Tu me suivrais à Londres si je bougeais ?
Et B.I.M ! Une douche.
Véridique.
Le Doucheur, c'est le mec qui sommeille chez tous les garçons. C'est leur alter-ego quotidien. S'il est niché bien profond, c'est pourtant lui qui régit et qui décide lors des moments-clefs. Il ne daigne pas sortir tous les jours, le Doucheur, seulement lorsque c'est absolument nécessaire. Quand il y a danger. Et il est castrant à point.
Retenez que quel que soit le mec dont on parle, il y a un Doucheur en lui. Obligé. Comme les couilles, c'est typiquement masculin. Mais comme les couilles aussi, la tare est plus ou moins grosse, et tous ne sont pas de grands Doucheurs-nés.
Mais c'est quoi, un Doucheur ? Au sein de la tendresse et de la tiédeur des relations que les garçons 2010 nous offrent, les compagnes et compagnons se blottissent tendrement les uns contre les autres. Au cours d'un froid hiver, ou d'un doux été, yeux dans les yeux, force est de constater que parfois, comme par inadvertance, ou par désir commun, on regarde en face. Dans la même direction : celle des projets. Voir l'échelon supérieur.
Et là, la douche. Froide. C'est comme ça qu'il fonctionne, le Doucheur. Pas de cohérence, juste un pas sur le côté, un bon coup de froid pour calmer les ardeurs. Mollo les filles. On veut bien parler vacances, mais qui sait ce que l'on sera dans deux mois ? Je veux bien ta clef, mais n'oublie pas de reprendre ton tee-shirt que t'avais laissé la dernière fois.
Question de flux. Le Doucheur freine avec le robinet, se calme en marge, mais le vrai problème, c 'est qu'il revient chaud bouillant, tandis qu'on s'en est à peine remis. Il ose carrément. Après le qui vivra verra pour dans deux mois, et le tee-shirt repris, c'est l'envie de partir au ski, ou chez Mémé, qui reprend de plus belle.
- Tu me suivrais à Londres si je bougeais ?
- Pourquoi pas. Faut y réfléchir.
- Alors, London ? Qu'est-ce qu'on fait ?
- Attend, j'ai jamais dit qu'on partait ensemble.
Le doucheur soulèves des questions pratiques, et propose des plans d'avenir. Mais en fait, c'était juste pour savoir. Pour info.
Véridique.
Le passif
Le Passif ne sort pas forcément de prison avec un casier lourd comme son manque d'action. Au contraire, disons que ce qui lui pèse, c'est justement le fait de ne rien vraiment faire. Alors sauf pour non-assistance à personne en danger, disons qu'il est tranquille. Ne blâmons pas les mecs qui sont au chômage, ni les homos jouisseurs. Disons-le tout de go : le Passif nous agace de sa passivité relationnelle. De sa passivité dans la vie. Le pauvre, le Passif ne s'en rend même pas compte : il aurait dû lire Sartre, et comprendre que tout, même le rien agir, est une question de choix.
Laissons donc le Passif là où il est. Au besoin, on saura où le trouver. Il n'aura pas bougé d'un demi-doigt, pauvre âme.
Le choix, le Passif nous le laisse. La discussion aussi. C'est plus pratique. L'irresponsabilité, c'est son crédo. Ainsi, au final, si ça se passe mal, ou pas comme prévu, ce sera de notre faute, et non de la sienne. Classique... Rusé ? Optons simplement pour lâche. La nausée du choix monumental, le Passif ne connait pas, mais n'empêche, à terme, il peut bien dégouter et nous filer la gerbe.
Il n'y a peut-être qu'au lit qu'il se fend d'un peu d'action, d'un rien, d'un petit coup de rein. Au reste, de lui on ne peut s'attendre à grand-chose. Déjà, au lit, on l'y a amené, limite. Le verre, on lui a proposé. Et après, on se demande bien pourquoi on lui tend des perches. Sa seule action manquée, elle est freudienne, et elle n'ira pas plus loin qu'un moindre lapsus révélateur.
Car le Passif est-il réellement un Homme ? Qu'est-ce qui le différencie de l'animal ?
Sa capacité à prendre les devants et communiquer au moyen du langage ? Non.
Sa détermination à se poser maître de Sa vie, centre de Son univers ? Surtout pas.
Sa capacité à prendre le dessus sur certaines situations ? Faut pas rêver.
Penser ? À quoi ?
Agir ? Et puis quoi encore.
Le mec ghetto
Le Mec Ghetto doit son appellation du fait qu'il soit vraiment ghetto. Il ne s'agit pas seulement de porter de vieilles Reebok, se la jouer hype avec sa grosse doudoune Aigle ou Marlboro, ou d'écouter avec nostalgie sa première cassette d' MC Solaar. Nein. Et ce n'est pas que lié au fait de s'appeler Patrick, Pascal, Jacquy ou Hughes.
Le Mec Ghetto c'est du grand cru. C'est de la 8-6 tiède au réveil, après s'être rongé les doigts de pieds lui-même. Flexible, et tout en finesse. Entre une teuf gros son à Yvette-sur-garonne ou Bellette-au-Var, il se montre open-minded, te file un mouchoir si tu coules du nez, et snif une aspirine coupée à l'Ajax en route. Pour que ça cartonne !
Les goûts du Mec Ghetto sont variés : il aime se déplacer en BMX, ou en Opel tunée ma gueule, mais il préfère largement le fourgon parce que c'est comme ça qu'il peut essayer de pécho une go, ou qu'il peut la séquestrer à l'arrière en cas de refus. Et ils sont fréquents, les refus. N'empêche, ça fait faire des rencontres. Surtout après la 8-6 et l'Ajax.
Dans ses mauvais jours de solitude, le Mec Ghetto n'oublie certes pas d'appeler 47 fois ses amis, oncle Gilbert, cousin Bob, ou Jeannot le fréro ; et même que quand c'est jour de fête, il envoie des vidéos zoophiles porno en haute déf spécial édition pour tam-tam. La teuf, la teuf, la teuf les gars !
Le Mec Ghetto est profondément généreux. Pour la fête des Mères, bon fiston, il offre une bite en sucre à Moman ; et pour la fête des Pères, un gode-ceinture à Papa, de couleur chair, vous croyez quoi. Pour le remercier de sa gentillesse, les bombes de mousse de la dernière fête, la compil' remixée de la danse des canards, ou tout simplement pour être son amie, ou sa gonzesse, vous saurez désormais où le trouver : soit il campe sous le périph' vers La Chapelle, soit il se terre au fond de son garage, où il s'entraîne comme une bête au lever de poids avec des pots de Malossol de ouf et une tenue ultra-moulante fluo. Qui rentre dans les fesses, derrière.
Parce que le Mec Ghetto est unique, on l'aime.
Parce qu'il est nauséabond dès qu'il nous tend le doigt, et qu'il ne cesse de nous harceler avec ses "Dis camion ! " quand il fait une après-midi barbe-au-cul, ou parce qu'on a eu la malchance de se retrouver à l'arrière du fourgon le jour de la fête des Pères...
On l'évite.
Parce qu'il est nauséabond dès qu'il nous tend le doigt, et qu'il ne cesse de nous harceler avec ses "Dis camion ! " quand il fait une après-midi barbe-au-cul, ou parce qu'on a eu la malchance de se retrouver à l'arrière du fourgon le jour de la fête des Pères...
Le Chanteur de rock indé
Le Chanteur de rock indé est un homme comme les autres. Qu'on se le dise. Poils, cheveux, jambes, nez, tout y est, seulement il a une voix, et c'est ce qui fait toute sa différence.
Son origine est floue, on sait seulement qu'il ne naît pas dans le milieu qui deviendra le sien : quand on est le fils de Sting, on fait de la pop, quand on est Chanteur de rock indé, c'est qu'on est fils de banquier, ou qu'on vient de banlieue. Parce qu'au fond, le rock indé, c'est un ghetto comme un autre. Le Chanteur de rock indé aurait pû faire du rap, mais ça, on ose à peine se le murmurer dans les backstages d'une salle lilloise, bondée et en furie comme une bonne salle de province.
Le Chanteur de rock indé est un garçon sensible. Il compose mélancoliquement, quand il n'est pas en tournée. C'est d'ailleurs son "équilibre". Aussi, il souffre des clichés, et il clame en itw sa différence : non, il ne baise pas toutes ses fans. Oups, non, il-ne-baise-pas-ses-fans. Tout court. (Et pas en backstage, surtout. Car le Rockeur indé version 09 est plus snob que ses prédécesseurs, il n'aime pas les choses faciles et vulgaires.) Il sait résister. Parce que c'est un mec ancré dans la vie réelle, qu'il a une vie après la tournée, et qu'il aime les femmes qui le regardent pour autre chose que son aura de Chanteur de rock indé. Aura totalement envoutante, certes, mais lui, plus pragmatique, il aime qu'on le kiffe aussi pour son risotto, ou pour sa bite. Tout simplement.
Le Chanteur de rock indé se nourrit principalement de poulet, chaud comme froid, de bière, de whisky, et de couscous, dans les bons jours où la prod a gagné quelques ronds avec ses concerts ultra indés justement. Mais il ne faut pas se méprendre, il a son public ; d'ailleurs, il apprécie celui-ci lorsqu'il applaudit, sourit, danse, "pogotte".
Autant dire qu'il déteste jouer dans les salles parisiennes, surtout quand les gens ont plus de 18 ans. Pas pratique pour le pogo.
Enfin, le Chanteur de rock indé est aussi philosophe. On l'entend à ses paroles de chansons, et à ses sublimes déclarations : "La femme idéale du chanteur de rock indé, c'est son ex." Bien dit.
Une fois les tournées et les concerts finis, il rentre chez lui. Satisfait.
Pensif, il rote.
Amen, man.
Le Jeune Papa Célibataire
Le Jeune Papa Célibataire, c'est tout un poème et toute une complication rien que dans le titre même. Le Jeune Papa Célibataire est tout à fait charmant. Il se rase de près, pour pas piquer. En plus, il sent bon le Bébé Cadum. Si. Les mains sont douces, les ongles propres, et ça c'est grâce à bébé, et à son célibat, et au fait qu'il soit donc obligé, le malheureux, de lui donner des bains et de lui talquer les fesses. Nous, on est pas contre qu'il talque les nôtres d'ailleurs. (La fessée en prime.)
Cependant il faut d'abord réussir à le capter, pour ça. Car le Jeune Papa Célibataire n'a pas la même semaine que tout le monde. Lui, il ira voir au ciné La-Haut, L'Âge de Glace 3, et tentera en vain de convaincre sa petite de 5 ans que nooooon, 2012, ça fait PAS peuuuur. Pauvre chou. Un week-end sur deux, on peut lui téléphoner par contre, car il reste coincé à la maison, une fois que les nouilles au ketchup et que la vidéo de La belle et le clochard a été revisionné pour la 1000ème fois. Téléphoner à ses potes, c'est tout ce qui lui reste à faire. Surtout qu'il a déjà relu le Wapiti.
On peut dire que le Jeune Papa Célibataire est bien plus responsable que les autres hommes de son âge. Paternité oblige. Il va à l'école. Et chez le médecin. Et chez le dentiste. Et il ne nique pas tout ce qui bouge, car s'il se tape la baby-sitter, il sait bien qu'il est dans la merde après. Il est donc conscient et responsable. Propre, il se change quatre fois par jour, écoeuré par les tâches de vomi, purée, lait. Un vrai modeux, quoi. Puis c'est craquant de le voir patient et calme et doux et parfois sévère-sourcils-froncés avec un bout de chou qui le mène gaiement par le bout du nez. On s'imagine easy faire la même.
Enfin, le Jeune Papa Célibataire présente donc bien des qualités pour être dans le top-cinq des meilleurs mecs de la semaine. Il prouve quotidiennement son aptitude à se débrouiller seul, et ses capacités.
Il est même très fertile.
Le Super Pote de notre mec
Il y a plusieurs Supers Potes de notre mec, mais cette semaine il ne s'agit pas de l'homo refoulé jaloux pernicieux possessif et mesquin qui partage les soirées playstation de notre mec, mais bien de l'autre Super Pote de notre mec. Celui qui est super beau, super sympa, super intelligent.
Pas bête la guêpe.
On aime partir en week-end avec le Super Pote de notre mec, on sait qu'il le tempèrera, nous protègera, et aidera à débarrasser la table et faire la vaisselle. On aime voir des expos avec le Super Pote de notre mec, parce qu'il a de la culture, est sensible, intelligent, et patient avec nous. Il écoute toujours notre opinion, lui.
Le Super Pote de notre mec est évidemment célibataire, sinon on ne pourrait pas autant fantasmer sur lui, et ce serait nul. Même que les soirées où l'on est tous très bourrés, on lui fait les yeux doux, on l'imagine moins super qu'il n'est nous coincer entre deux portes pour nous rouler une méga pelle culpabilisatrice et dévastatrice. Même qu'on croit qu'on lui plait un peu. Un peu.
Le Super Pote de notre mec est évidemment célibataire, sinon on ne pourrait pas autant fantasmer sur lui, et ce serait nul. Même que les soirées où l'on est tous très bourrés, on lui fait les yeux doux, on l'imagine moins super qu'il n'est nous coincer entre deux portes pour nous rouler une méga pelle culpabilisatrice et dévastatrice. Même qu'on croit qu'on lui plait un peu. Un peu.
Le Super Pote de notre mec a une vie mystérieuse et parallèle. Il arrive donc qu'on ne l'ait pas rencontré durant les premiers mois de notre belle amourette naissante. Et c'est ainsi que tout se complique : parfois, il arrive qu'après présentations et réflexion, on préfère le Super Pote de notre mec à notre mec. Qu'on soit totalement dégoûtée de notre premier choix (qu'on reconnait quelque peu hâtif), ayant conscience que le Super Pote de notre mec n'est pas le genre à griller une amitié pour une paire de nichons, et que c'est justement pour ça qu'on le trouve archi super le Super Pote de notre mec.
Alors que faire ?
1- Oublier. Et fantasmer les vingts prochaines années de votre vie, avec les boules en plus quand il ramènera sa Super Nana en week-end.
2- Récolter des dossiers sur lui par votre mec (et cesser de croire par la même occasion qu'il ne sert à rien, votre mec...) : "Mon Super Pote galère avec les filles car il a un micropénis." Ca peut vraiment marcher.
3-Prévenir ce genre de situation. Tapez-vous la bande de Supers Potes AVANT de faire votre choix définitif.
Celui qui n'a qu'un seul casque
Tout le monde sait que rien n’est plus pratique que d’avoir un scooter en ville. L’idée n’est pas de faire l’éloge de la Vespa, mais force est d’admettre que c’est bien plus pratique et bien plus glam’ que le métro. Les moins véhiculées savent de quoi il est question ici : nos fesses ont connu certes maints amants, mais aussi maints sièges de scooter. Du Peugeot à l’Italien, même au Chinois en plastique ghetto, on en a réchauffé des selles de cuir. Ce qu’on apprécie vraiment, avec un véhicule, c’est le fait qu’on ne se pose pas mille ans la question : on y va ? et nous voici à l’arrière, vite-fait bien fait, pour une nuit qui promet encore d’autres aventures.
Sauf pour Celui qui n’a qu’un seul casque (on peut entendre les “booooooooouuuh” qui retentissent dans la salle). Oui, lui c’est autre chose. Il vous drague comme si, vous parle comme si, il a l’air d’un mec bien dans ses basques et d’un garçon tout à fait normal. Sauf qu’en vrai, c’est faux, il est bon pour une psychanalyse, ou une séance de sexologie. Bah, oui, c’est quoi son problème, à Celui qui n’a qu’un seul casque ? Il aime dormir seul ? Laisser une fille sur sa faim ? Il a des actions chez Taxi Bleu ?
Certains se défendent, nous parle de matos à porter, de "pas pratique", casques sac-à-main qui lassent, à force. Surtout, qu’ils disent, qu’ils sont pas sûrs de rentrer avec quelqu’un, finalement. Ouh le mauvais esprit, la bassesse. C’est une question d’hygiène : on se torche le cul quand même, on ramène un deuxième casque quand même.
Militez Mesdemoiselles : n’acceptez pas de faire la greluche à emporter qui suit le piteux chevalier derrière, en taxi.
Non mais.
Le Rockeur à sa Maman
Ne pas confondre Rockeur à sa Maman et Bébé Rockeur. Le Bébé Rockeur, nous en reparlerons, mais la différence essentielle qu’il y a entre le Bébé Rockeur et le Rockeur à sa Maman, c’est que le Bébé Rockeur est bourré de talent, nous met en transe à chaque chanson, et si on le croise à Rock en Seine, on entre en chaleur. Tandis que le Rockeur à sa Maman, on est un peu en chaleur au début, peut-être, parce qu’il a une jolie moustache façon rock indé qui s’assume, et que ses cheveux sentent le Fructis. Mais l’émoi de la culotte ne dure pas, lorsque l’on passe la porte de chez lui, et qu’il nous fait “Chut, y’a papa et maman qui dorment.” C’est moins la trash attitude, du coup, et on n’a pas un super cd vers lequel appuyer notre espoir. Pareil pour sa moto, sa bagnole américaine, ou sa mob : fallait pas nous la prêter, certes, mais fallait pas non plus pousser un cri hystérique de fillette à la moindre rayure. On y va à 200, ou on n’y va pas.
Au début, on s’était dit qu’il portait des culottes, et des bottes de motos, un blouson de cuir noir avec un aigle sur le dos, or sous les clous y’a que la culotte qui est restée, petit homme prêt à se faire border, se laisser chouchouter sur une chanson douce… Rockeur du dimanche, larmoyant du lundi.
N’empêche, il a presque la panoplie complète; manque l’instrument de musique, consécration rock du Rockeur à sa Maman (patience, il débute l’harmonica). Et un vrai chez-soi (Maman pourra venir faire les machines…). Et une go qui envoie. Oui, la gonzesse du Rockeur à sa Maman, il lui faudrait un G majuscule déjà, et pas moyen qu’elle soit trashos, avec des traces de piercing dégueu aux narines, du poil aux gambettes et des fringues ring’. Il lui faut habiter Rive Gauche (Allez savoir pourquoi, ces filles-là dégagent une classe innée, hein. Et elles ont toujours les cheveux propres.), et qu’elle n’oublie pas ses règles de politesse. Sous aucun prétexte, même sous acide. Enfin, s’habiller The Kooples, c’est gagner une promesse de dimanche en famille.
Parce que c’est ça le nouveau rock, pense le Rockeur à sa Maman. Une douceur de vivre, un chic, une “touch”, une atmosphère…
Et quand il balance de part et d’autre sa crinière odorante, on a envie de murmurer :
“Oh Yeah.”
Au début, on s’était dit qu’il portait des culottes, et des bottes de motos, un blouson de cuir noir avec un aigle sur le dos, or sous les clous y’a que la culotte qui est restée, petit homme prêt à se faire border, se laisser chouchouter sur une chanson douce… Rockeur du dimanche, larmoyant du lundi.
N’empêche, il a presque la panoplie complète; manque l’instrument de musique, consécration rock du Rockeur à sa Maman (patience, il débute l’harmonica). Et un vrai chez-soi (Maman pourra venir faire les machines…). Et une go qui envoie. Oui, la gonzesse du Rockeur à sa Maman, il lui faudrait un G majuscule déjà, et pas moyen qu’elle soit trashos, avec des traces de piercing dégueu aux narines, du poil aux gambettes et des fringues ring’. Il lui faut habiter Rive Gauche (Allez savoir pourquoi, ces filles-là dégagent une classe innée, hein. Et elles ont toujours les cheveux propres.), et qu’elle n’oublie pas ses règles de politesse. Sous aucun prétexte, même sous acide. Enfin, s’habiller The Kooples, c’est gagner une promesse de dimanche en famille.
Parce que c’est ça le nouveau rock, pense le Rockeur à sa Maman. Une douceur de vivre, un chic, une “touch”, une atmosphère…
Et quand il balance de part et d’autre sa crinière odorante, on a envie de murmurer :
“Oh Yeah.”
Celui qui dit "Steuplait"
Autant le dire tout de go: le mec qui dit “steuplait” est détestable. Franchement. Il n’a aucune conscience d’aucuns codes, ni d’aucunes valeurs. C’est à croire qu’on lui a pas enseigné le respect à l’école, ou le goût du risque. Disait-il déjà “steuplait” à tout bout de champ à six ans? “Steuplait, montre-moi ta culotte”, plutôt qu’un bon geste bien placé pour soulever une frivole jupe? Peut-être se croit-il poli. En fait, il est minable. Parce qu’il est une politesse plus subtile que celle de la formule, du Steuplait débile : celle de l’envie. Tout simplement.
Mais le “Steuplait, fais-moi une pipe”, vraiment, c’est hallucinant que fin 2009 des mecs la tentent encore. Il faudrait les pendre sur la place publique, et placarder des affiches: non, c’est non. Un Steuplait équivaut à une gifle. Deux Steuplait, et le mec est la pire tête à claques. Au troisième, ignorons-le de front, et partons d’un pas déterminé. Non sans un bon revers.
Les formules de politesse en général sont vexantes. Surtout entre amants. Ou amis. Les relations
humaines sont faites de faveurs. Pas besoin d’un Steuplait pour coucher, ni d’un “merci” au matin. Les mecs qui disent “steuplait”, et ceux qui disent “merci” sont-ils les mêmes?
Celui qui dit Steuplait est peut-être plus foutu. Comme s’il avait le cancer en phase terminal. Un homme qui insiste est aussi sexy qu’un cafard. Mais il y a pire. Si, c’est possible.
Il y a celui qui après d’incessants “steuplait”, dit : - Allez. Lascivement. “Allez”, c’est le steuplait de la dernière chance. Alors que dès le premier “steuplait”, c’est pourtant sans appel : OUT.
Le stagiaire hors-nrome
Cette semaine, il faut être très chanceux pour le rencontrer, le Stagiaire Hors-Norme, surtout en Août à Paris. C’est qu’il s’est déjà fait la malle, le petit malin. Entre la route 66 et les squats de Berlin, on ne le reconnaît presque plus. Pourtant, on s’en souvient encore, de l’époque où il se dévouait pour un stage à peine rémunéré dans une boîte fantôme, lui-même à moitié errant dans les locaux. On dit à peine rémunéré, car parfois, on lui payait un Coca, lorsque sa gueule de bois de la veille l’empêchait de faire son travail : cliquer sur sa souris, et surfer sur Myspace.
He can.
En plus d’être conciliant, donc, et charmant, le Stagiaire Hors-Norme est polyvalent : la journée c’est le plus souriant, le plus doux, le plus serviable (sauf qu’il ne fait ni la vaisselle, ni le café, ce rebelle), et la nuit, c’est le plus branché, le plus musicien du dimanche, le plus in.
Le Stagiaire Hors-Norme est en effet surprenant : à peine sorti de son école de commerce, il porte déjà du fluo, la moustache à la Michel Blanc (20 ans de retard, ou 10 d’avance?), des futals violets, et pense sincèrement que les filles, en 2009, “elles sont pas sérieuses.” Il voudrait faire des ballades à vélo en fin d’après-midi, pas que coucher. Si. Mignon, hein…
Ce Stagiaire-là, vous l’avez compris, c’est toute une tendance: il peut s’appeler Paul-Henri, il n’en ouvrira pas moins sa bière avec les dents. Il n’a pas fait l’armée, mais la fermeture du Social, maintes fois, et c’est presque pareil, surtout le mardi soir. Plus galant que votre grand-père, aussi naïf que votre petite soeur, le Stagiaire Hors-Norme est comme l’eau qui dort. Attention à lui : il ne se refuse rien, pas même la femme du patron, et à force d’être celui qui vous tient la porte, celui qui vous sourit, celui qui vous écoute, celui qui vous fait des petites blagues, il pourrait bientôt être celui qui vous pécho. Oui, car malgré tout, il a une bestiole dans le pantalon, comme tout le monde.
Méfions-nous alors. Parce que le genre Stagiaire Hors-Norme, gentil, doux, docile, celui qui ne paie pas de mine, ça vous rappelle rien?
O.B.A.M.A.
Yes, le Stagiaire Hors-Norme peut nous faire craquer, et devenir un jour peut-être le maître du monde.
Le Berger
L'été, il faut parfois des alternatives à la plage en famille. Ou en couple. C'est pour ça qu'on adore les excursions. Si avant on trouvait que ça faisait beauf, les rando avec les chaussures horribles compensées, les gourdes, et les casquettes, désormais on admet la part d'exotisme et d'aventure de ces plans-là.
Surtout sans confession, d'ailleurs.
Il monte à cheval comme un guerrier de l'empire du Soleil. Et malgré sa jeunesse, on sent bien dans ses mains, ses poignets, et à la façon dont il prend la corde, que c'est lui qui tient les rênes. Et pas de main morte.
Quand il sourit, bien que ce soit rare -le Berger de notre excursion en a vu d'autres (puis il monte une bête indomptable qui demande toute sa sérieuse attention)-, ses dents blanches et brillantes, qui contrastent tant avec sa peau, nous font penser à une petite tome de brebis toute fraîche qu'on a envie de manger...
Ce qu'il est nature, notre Berger.
À ses côtés, ça sent la garrigue et le maquis, ses vêtements de jean rêche poussiéreux frottent tel le vent, son accent est plein de soleil, mais surtout, surtout, on sait bien qu'avec lui c'est l'aventure. La vraie, quoi.
On peut se sentir en sécurité avec lui. N'importe où.
Sur une île déserte, par exemple.
Ou au bout des cimes des montagnes.
Ou même à dos d'âne, alors qu'on n'en a jamais fait.
On sent sur nous, et sur notre monture, postérieur reculé et dos courbé pour la descente, son doux regard vigilant, tandis qu'il crie "Hue ! Ha Hue !". Sexy.
Quel homme. On est subjugué. Alors on se risque...On demande quel âge a-t-il, ce démon de midi.
"Dix-sept ans."
Aïe. Attention la chute, et les ronces.
"Madame."
Étrange chose, que de se sentir vieux loup dans la bergerie.
Alors on est équipé, et l'on monte les chemins escarpés des hauteurs de la Corse, à dos d'âne, ou de mule, prêts pour la rando, étincelants de crème. Et on l'aperçoit.
Le Berger des montagnes corses. Peut-être le dernier berger, un peu comme le dernier des Mohicans. Beau à tomber de son mulet, jeune, peut-être trop pour ne pas rougir de culpabilité à l'idée d'une culbute dans les foins, bronzé tel un caramel à croquer, il a un air de doux Jésus avec sa petite barbe blonde qui lui frise à peine les joues creuses, et avec ses courtes boucles dorées, qu'on lui donnerait le bon dieu sans confession, à cet ange des hauteurs.Surtout sans confession, d'ailleurs.
Il monte à cheval comme un guerrier de l'empire du Soleil. Et malgré sa jeunesse, on sent bien dans ses mains, ses poignets, et à la façon dont il prend la corde, que c'est lui qui tient les rênes. Et pas de main morte.
Quand il sourit, bien que ce soit rare -le Berger de notre excursion en a vu d'autres (puis il monte une bête indomptable qui demande toute sa sérieuse attention)-, ses dents blanches et brillantes, qui contrastent tant avec sa peau, nous font penser à une petite tome de brebis toute fraîche qu'on a envie de manger...
Ce qu'il est nature, notre Berger.
À ses côtés, ça sent la garrigue et le maquis, ses vêtements de jean rêche poussiéreux frottent tel le vent, son accent est plein de soleil, mais surtout, surtout, on sait bien qu'avec lui c'est l'aventure. La vraie, quoi.
On peut se sentir en sécurité avec lui. N'importe où.
Sur une île déserte, par exemple.
Ou au bout des cimes des montagnes.
Ou même à dos d'âne, alors qu'on n'en a jamais fait.
On sent sur nous, et sur notre monture, postérieur reculé et dos courbé pour la descente, son doux regard vigilant, tandis qu'il crie "Hue ! Ha Hue !". Sexy.
Quel homme. On est subjugué. Alors on se risque...On demande quel âge a-t-il, ce démon de midi.
"Dix-sept ans."
Aïe. Attention la chute, et les ronces.
"Madame."
Étrange chose, que de se sentir vieux loup dans la bergerie.
Le flirt de vacances
Sujet classique de l'été. Mais franchement, quelle tristesse de ne pas l'avoir connu au moins une fois, le fameux flirt de vacances. Cet homme-là, c'est tout un concept : on ne dit même plus mec, mais on l'appelle par son nom générique. Flirt. "Le flirt de mon été."
Le flirt de vacances, ce n'est évidemment pas n'importe quel flirt qu'on se permet dans les lieux sombres de nos cités. Le flirt de vacances, comme son nom l'indique, se passe non seulement en période d'absurde liberté, mais aussi il dépend grandement de la destination desdites vacances, justement. Vous risquez d'être déçues, ladies, si vous partez dans la Creuse. Quoique ça peut avoir du bon: soit vous choisissez de n'être que la fille urbaine de passage à Calvi, ou préférez être la bombe du village des environs de Clermont. Au choix. Mon conseil : optimisez, passez par les Vosges avant d'atterrir sur l'île de Beauté.
Mais enfin, si vous aimez les peaux bronzées, et les motos, soyez touriste vers le Sud; si vous aimez les accents veloutés et les poils, risquez l'Italie. Puis, si vous n'avez peur de rien, filez en Asie, en Amérique Latine, ou que sais-je. Car si vraiment vous n'y comprenez rien, n'oubliez pas que les étrangers se retrouvent toujours quelque part, et qu'on peut aisément se taper un mec de La Rochelle à Katmandou. L'avantage des sursauts communautaires.
Cependant, pourquoi un tel acharnement à le choisir, le localiser, et le coincer, le Flirt de vacances?
Parce que c'est que du bon. C'est peut-être le meilleur de tous, ce mec-là. On n'hésite pas une seconde à coucher avec lui - on ne connaît personne en commun. On se fiche des rumeurs qu'on sème sur les chemins qu'on grille en scooter - on ne compte pas revenir. Et enfin, cette courte parenthèse ne connaît pas l'échec: pas de discordances (on ne parle pas, on se roule des pelles), pas de belle-famille à redouter, pas de fossés socio-culturels: on se contrefout de sa culture, son école, ses fringues... On le préfère à poil, silencieux, bien gaulé, et sympa.
N'allez pas croire cependant que le flirt de vacances est un homme-objet. Loin de là. Nous le considérons, bien sûr. Et s'il est profondément gentil, c'est encore mieux. On peut vraiment se laisser aller au stupre et à la fornication dans ses doux bras protecteurs. Il pourra même nous présenter ses copains, et nous faire le café le matin.
Mais c'est là le hic: si nous sommes des citadines désabusées, nous ne sommes jamais vraiment à l'abri d'un flirt de vacances qui s'attache. Oui. Car il peut avoir des sentiments.
Faites non seulement très attention, mais tenez un calendrier serré. Posez-lui un lapin, prouvez lui que vous n'êtes pas parfaite. Esquissez prudemment un sourire lorsqu'il vous avoue que vous lui manquerez. Baillez, s'il insiste.
Puis filez à l'aéroport, la tête et le corps emplis de suaves souvenirs.
Le sac plein de grains de sable.
Le répertoire content d'un nouveau numéro.
Qui sait, vous y reviendrez peut-être un jour, à Pétaouchnok-les-Prunes.
Le flirt de vacances, ce n'est évidemment pas n'importe quel flirt qu'on se permet dans les lieux sombres de nos cités. Le flirt de vacances, comme son nom l'indique, se passe non seulement en période d'absurde liberté, mais aussi il dépend grandement de la destination desdites vacances, justement. Vous risquez d'être déçues, ladies, si vous partez dans la Creuse. Quoique ça peut avoir du bon: soit vous choisissez de n'être que la fille urbaine de passage à Calvi, ou préférez être la bombe du village des environs de Clermont. Au choix. Mon conseil : optimisez, passez par les Vosges avant d'atterrir sur l'île de Beauté.
Mais enfin, si vous aimez les peaux bronzées, et les motos, soyez touriste vers le Sud; si vous aimez les accents veloutés et les poils, risquez l'Italie. Puis, si vous n'avez peur de rien, filez en Asie, en Amérique Latine, ou que sais-je. Car si vraiment vous n'y comprenez rien, n'oubliez pas que les étrangers se retrouvent toujours quelque part, et qu'on peut aisément se taper un mec de La Rochelle à Katmandou. L'avantage des sursauts communautaires.
Cependant, pourquoi un tel acharnement à le choisir, le localiser, et le coincer, le Flirt de vacances?
Parce que c'est que du bon. C'est peut-être le meilleur de tous, ce mec-là. On n'hésite pas une seconde à coucher avec lui - on ne connaît personne en commun. On se fiche des rumeurs qu'on sème sur les chemins qu'on grille en scooter - on ne compte pas revenir. Et enfin, cette courte parenthèse ne connaît pas l'échec: pas de discordances (on ne parle pas, on se roule des pelles), pas de belle-famille à redouter, pas de fossés socio-culturels: on se contrefout de sa culture, son école, ses fringues... On le préfère à poil, silencieux, bien gaulé, et sympa.
N'allez pas croire cependant que le flirt de vacances est un homme-objet. Loin de là. Nous le considérons, bien sûr. Et s'il est profondément gentil, c'est encore mieux. On peut vraiment se laisser aller au stupre et à la fornication dans ses doux bras protecteurs. Il pourra même nous présenter ses copains, et nous faire le café le matin.
Mais c'est là le hic: si nous sommes des citadines désabusées, nous ne sommes jamais vraiment à l'abri d'un flirt de vacances qui s'attache. Oui. Car il peut avoir des sentiments.
Faites non seulement très attention, mais tenez un calendrier serré. Posez-lui un lapin, prouvez lui que vous n'êtes pas parfaite. Esquissez prudemment un sourire lorsqu'il vous avoue que vous lui manquerez. Baillez, s'il insiste.
Puis filez à l'aéroport, la tête et le corps emplis de suaves souvenirs.
Le sac plein de grains de sable.
Le répertoire content d'un nouveau numéro.
Qui sait, vous y reviendrez peut-être un jour, à Pétaouchnok-les-Prunes.
Le flippé
Quel don, mais quel don!
Le Flippé est capable d'opérer des retournements de situation sans précédent, et de virevolter comme un petit cabri. Charmant.
Avant lui, l'idée, c'est qu'on se croyait normale: en mode pas de régime taliban. Après lui, on se sent plus que terroriste, et pour cause: le Flippé, bien malgré lui, se fout bien de notre gueule, et nous la démonte à coup de revers. On se croyait saine et suave; désormais, on se sent furie furieuse croqueuse d'hommes, affamée d'amour et dévoreuse d'amants.
C'est là le truc du Flippé: ne pas admettre. Jamais il ne dira "j'ai peur". Vous avez déjà entendu un homme dire "j'ai peur"? Non. L'homme, et plus particulièrement le Flippé, n'avoue jamais cela, ce serait trop simple. Adepte des périphrases mensongères, il opte plutôt pour: Je n'ai pas envie de couple, tout ceci va trop vite, je ne sais pas ce que je veux, tu es fabuleuse, laisse-moi, je ne te mérite pas, peut-être que je te fais perdre ton temps. Alors que c'est tellement plus facile de dire j'ai peur, puis ça met les points sur les i et les pendules à l'heure. Et c'est pas plus mal de savoir que sous ses allures de grand homme, au gros zizi, c'est tout petit et tout mou à l'intérieur. Le Flippé est expert au revers, donc, et procède en deux mouvements bien distincts que l'on subit coup sur coup:
-face A de la médaille: l'Amour naissant. On essaie d'y aller en douceur, mais bien vite on passe 6 nuits sur 7 ensemble, parce que c'est trop bon, et que la vie est trop courte pour s'embêter avec des puérilités : autant s'appeler sans arrières-pensées, jouir à gorges déployées, et manger à sa faim. Car on a tant de choses en commun; c'est comme si on s'était attendu longtemps l'un l'autre. Évidemment on en profite... Au premier abord, on ne sait pas que le Flippé est flippé justement: on voit juste quelqu'un de beau, drôle, intelligent, charmeur, l'idéal masculin qu'on crève d'envie de présenter aux copains, le gendre idéal, le papa sympa.
Le revers, le smash fatal, c'est la face B: le Bad. Alors qu'on ose enfin lui répondre quelques timides "moi aussi" à ses micro-déclarations, parce que l'on voit qu'il insiste, et qu'il a tout l'air sincère, et que c'est trop bien entre nous, et que ça faisait si longtemps, et que j'adore ton corps, et que l'été est sans nuage à tes côtés, l'on baisse la garde et l'on se crame: moi aussi. Oui, tout simplement un "moi aussi".
Et là, c'est le drame. Ou le répondeur. Ou le lapin. Ou le rush, le boulot, les amis, l'ex, le chien, le mauvais matin, le verre de trop... Bref, le mauvais moment. Celui auquel on ne s'attendait pas, alors que justement, de toute évidence, ce n'est pas le sien, ou le nôtre, de moment. Il faut le comprendre: il n'est pas prêt. (Enfin, il a peur.)
On fait quoi alors? On cherche midi à quatorze heures? On rêve encore de la face/phase A?
Be kind, rewind.
Le Flippé est capable d'opérer des retournements de situation sans précédent, et de virevolter comme un petit cabri. Charmant.
Avant lui, l'idée, c'est qu'on se croyait normale: en mode pas de régime taliban. Après lui, on se sent plus que terroriste, et pour cause: le Flippé, bien malgré lui, se fout bien de notre gueule, et nous la démonte à coup de revers. On se croyait saine et suave; désormais, on se sent furie furieuse croqueuse d'hommes, affamée d'amour et dévoreuse d'amants.
C'est là le truc du Flippé: ne pas admettre. Jamais il ne dira "j'ai peur". Vous avez déjà entendu un homme dire "j'ai peur"? Non. L'homme, et plus particulièrement le Flippé, n'avoue jamais cela, ce serait trop simple. Adepte des périphrases mensongères, il opte plutôt pour: Je n'ai pas envie de couple, tout ceci va trop vite, je ne sais pas ce que je veux, tu es fabuleuse, laisse-moi, je ne te mérite pas, peut-être que je te fais perdre ton temps. Alors que c'est tellement plus facile de dire j'ai peur, puis ça met les points sur les i et les pendules à l'heure. Et c'est pas plus mal de savoir que sous ses allures de grand homme, au gros zizi, c'est tout petit et tout mou à l'intérieur. Le Flippé est expert au revers, donc, et procède en deux mouvements bien distincts que l'on subit coup sur coup:
-face A de la médaille: l'Amour naissant. On essaie d'y aller en douceur, mais bien vite on passe 6 nuits sur 7 ensemble, parce que c'est trop bon, et que la vie est trop courte pour s'embêter avec des puérilités : autant s'appeler sans arrières-pensées, jouir à gorges déployées, et manger à sa faim. Car on a tant de choses en commun; c'est comme si on s'était attendu longtemps l'un l'autre. Évidemment on en profite... Au premier abord, on ne sait pas que le Flippé est flippé justement: on voit juste quelqu'un de beau, drôle, intelligent, charmeur, l'idéal masculin qu'on crève d'envie de présenter aux copains, le gendre idéal, le papa sympa.
Le revers, le smash fatal, c'est la face B: le Bad. Alors qu'on ose enfin lui répondre quelques timides "moi aussi" à ses micro-déclarations, parce que l'on voit qu'il insiste, et qu'il a tout l'air sincère, et que c'est trop bien entre nous, et que ça faisait si longtemps, et que j'adore ton corps, et que l'été est sans nuage à tes côtés, l'on baisse la garde et l'on se crame: moi aussi. Oui, tout simplement un "moi aussi".
Et là, c'est le drame. Ou le répondeur. Ou le lapin. Ou le rush, le boulot, les amis, l'ex, le chien, le mauvais matin, le verre de trop... Bref, le mauvais moment. Celui auquel on ne s'attendait pas, alors que justement, de toute évidence, ce n'est pas le sien, ou le nôtre, de moment. Il faut le comprendre: il n'est pas prêt. (Enfin, il a peur.)
On fait quoi alors? On cherche midi à quatorze heures? On rêve encore de la face/phase A?
Be kind, rewind.
L'Amoureux (qui revient de loin)
C'est comme l'Ex: il y a des amoureux en tout genre. Cette semaine, notre mec fétiche est un Amoureux pas comme les autres: il revient de loin. On n'y croyait plus. Avec sa barbe jamais bien rasée, ses vieux tee-shirts hors mode, hors norme, son refus du scooter et des dîners galants, on sentait bien que c'était un vieux loup solitaire. C'en était presque touchant, sa différence assumée, son coeur écorché, son dégoût de la tendresse, sa douce misogynie avouée, ses "va te faire foutre" aboyés sans scrupules aux pucelles. Bref, on le croyait perdu à jamais dans ses demis, surfant à la surface des zincs et des corps des jeunes filles, désintéressé des bassesses de notre pauvre monde.
Puis un jour, notre bon vieux pote au visage gris se rosifie. Oui. On sent qu'il devient tendre. Il nous fait une bise enjouée; il rit facile; il sent bon. Faut se méfier. Il est en phase d'amour. Il tombe amoureux. Il est dans les illusions de la chute, c'est-à-dire qu'il plane, qu'il croit voler, alors qu'il est juste en train de tomber, et qu'il se rend pas compte que les oiseaux qu'il entend chanter autour de lui depuis une semaine de sexe sale et intense, ce sont les mêmes qu'il verra quand il se sera ramassé sur le sol; les mêmes qui tourneront autour de lui, en un tapageur tournis.
Mais pour l'instant, on n'y est pas. Les oiseaux chantent tandis qu'ils prennent des douches ensembles, et qu'ils restent enfermées 72h à s'embrasser, nos tourtereaux. Alors notre rocker des quartiers populaires se transcende, prépare des pique-niques, fait les courses, nettoie son appart', loue un vélib', change de pull, ne donne plus de nouvelles, et va prendre le soleil à Vincennes; mais surtout, l'Amoureux garde le sourire. Sans angoisse, tranquille, sûr de lui, tandis qu'il fait toutes ces choses folles.
Il a donc changé. Il est louche. Car l'Amoureux qui revient de loin se sent élu: s'il peut éprouver cela, c'est que tout est possible. Yes, he can.
On ne peut que l'encourager. Parce que c'est beau, les amours débutantes. Ne soyons pas cyniques avec l'Amoureux, même si rien ne le touche (puisqu'il plane dans un nirvana de gentillesse, de mamours et de sensualité). Ainsi, ne soyons pas non plus mauvaises langues: pas besoin de lui préciser le fond de nos pensées, et de lui dire méchamment qu'aimer en été, c'est surfait, cliché, et que l'important, ce n'est pas la chute, mais l'atterrissage.
Cui-cui.
Puis un jour, notre bon vieux pote au visage gris se rosifie. Oui. On sent qu'il devient tendre. Il nous fait une bise enjouée; il rit facile; il sent bon. Faut se méfier. Il est en phase d'amour. Il tombe amoureux. Il est dans les illusions de la chute, c'est-à-dire qu'il plane, qu'il croit voler, alors qu'il est juste en train de tomber, et qu'il se rend pas compte que les oiseaux qu'il entend chanter autour de lui depuis une semaine de sexe sale et intense, ce sont les mêmes qu'il verra quand il se sera ramassé sur le sol; les mêmes qui tourneront autour de lui, en un tapageur tournis.
Mais pour l'instant, on n'y est pas. Les oiseaux chantent tandis qu'ils prennent des douches ensembles, et qu'ils restent enfermées 72h à s'embrasser, nos tourtereaux. Alors notre rocker des quartiers populaires se transcende, prépare des pique-niques, fait les courses, nettoie son appart', loue un vélib', change de pull, ne donne plus de nouvelles, et va prendre le soleil à Vincennes; mais surtout, l'Amoureux garde le sourire. Sans angoisse, tranquille, sûr de lui, tandis qu'il fait toutes ces choses folles.
Il a donc changé. Il est louche. Car l'Amoureux qui revient de loin se sent élu: s'il peut éprouver cela, c'est que tout est possible. Yes, he can.
On ne peut que l'encourager. Parce que c'est beau, les amours débutantes. Ne soyons pas cyniques avec l'Amoureux, même si rien ne le touche (puisqu'il plane dans un nirvana de gentillesse, de mamours et de sensualité). Ainsi, ne soyons pas non plus mauvaises langues: pas besoin de lui préciser le fond de nos pensées, et de lui dire méchamment qu'aimer en été, c'est surfait, cliché, et que l'important, ce n'est pas la chute, mais l'atterrissage.
Cui-cui.
Le poilu
Cette semaine, nous n'allons évidemment pas nous éterniser sur nos braves soldats de la Grande Guerre. Il fait beau désormais en ce capricieux mois de mai, alors restons positifs. Le Poilu se remarque particulièrement à l'apparition des beaux jours: le col roulé n'intervient plus en sa faveur, et les légers cotons trahissent sa pilosité. Comme un effet surprenant d'illusion optique, le tissu semble flotter le long de son torse, caressant l'épiderme avec deux centimètres de marge. L'histoire qu'on a avec un Poilu, c'est un peu la même qu'avec la sodomie: à 15 ans on dit toutes beurk, à 30 on y est toutes passées. Car le Poilu est un homme pas comme les autres: camper dans l'ingratitude jusqu'à ce que meuf s'ensuive, il ne réveille véritablement son potentiel sexuel qu'après un certain âge ingrat. Le Poilu est donc une vraie bombe à retardement: une fois tous les poils sortis, attestant la jungle charnelle éprouvante, il est enfin temps d'en finir avec l'inquiétude de la pousse et de commencer à pleinement assumer. Restons prudentes cependant: ils restent sensibles. Ne les attaquez pas à coup de bande de cire froide, même s'ils en ont pleins le dos. D'ailleurs, la plupart n'ont rien d'un bronzé en terrasse à la blouse ouverte, au teint méditerranéen. Non. Farouches, ils sont palots, en chemise fermement boutonnée presque jusqu'au menton, espérant ainsi soit duper, soit dresser, les petits poils maudits.
On ne peut pas taire leur animalité. D'ailleurs, on ne se lasse pas de ressasser leurs tendres surnoms: loup, ours, gorille ou Shubaka pour les friands de référence pointue, le Poilu est donc obligé de refréner son instinct bestial pour créer un charmant décalage. On aime le Poilu quand il se fait timide, doux, discret sous la couche de poils.
Car il y a un grand romantisme dans le Poilu. Non seulement il est suave, mais s'il est du genre petite bestiole inaccessible qui s'échappe le matin, on peut retrouver nonchalamment des traces de lui, à défaut qu'elles soient dans notre boite vocale, dans notre lit. Ça fait femme actuelle, les longs poils noirs qui traînent au lit. Et collé sur la joue au réveil, ça fait comme un cil pour qu'on fasse des voeux. Un peu. Non?
On ne peut pas taire leur animalité. D'ailleurs, on ne se lasse pas de ressasser leurs tendres surnoms: loup, ours, gorille ou Shubaka pour les friands de référence pointue, le Poilu est donc obligé de refréner son instinct bestial pour créer un charmant décalage. On aime le Poilu quand il se fait timide, doux, discret sous la couche de poils.
Car il y a un grand romantisme dans le Poilu. Non seulement il est suave, mais s'il est du genre petite bestiole inaccessible qui s'échappe le matin, on peut retrouver nonchalamment des traces de lui, à défaut qu'elles soient dans notre boite vocale, dans notre lit. Ça fait femme actuelle, les longs poils noirs qui traînent au lit. Et collé sur la joue au réveil, ça fait comme un cil pour qu'on fasse des voeux. Un peu. Non?
Le lover
Il faut y aller en douceur. Le Lover, à peine entré dans la pièce, se fait préceder par une petite chanson. Vous devinez? La Ritournelle, de Tellier. Évidemment. La classe américaine, un peu. Vous croyiez quoi? Le Lover n'a pas peur du cliché, et il aime les mélodies douces, de Cat Power à Thom York, puis le Sud bleuté de la France, les après-midi de brumes et de pluies, et les boucles blondes négligées sur les fines nuques. Il aime aller au musée avec les filles, surtout au printemps quand elles portent de légères robes à pois, qui rivalisent de fraîcheur devant un Renoir. Il aime l'Art romantique, Goethe, et la photographie, aspirant à une insoumise liberté, tel un dandy. Quand il n'est pas coincé aux dîners de famille du dimanche midi, à l'Ouest de Paris. Mais ce n'est qu'un détail, car cet homme-là, il vous aimera sur un voilier, les mouettes chantant son amour aux alentours, les yeux dans le vent, la peau dorée, l'avenir prometteur. Aussi, il nage le crawl au ralenti. Est beau même avec un masque et un tuba. Skie avec élégance, et commande des plats légers et originaux au restaurant.
Enfin, il vous fera de beaux enfants, pleins de bleu soleil et de rires. Il aura la chemise entrouverte, le cheveux brillant et le sourire avenant, prêt à vous ouvrir ses doux bras, vous laissant aller sur ses larges épaules, solides rien que pour vous.
Il est heureusement un peu coquin. Mais avec élégance et érotisme de pacha: il aime les chevilles qui tiennent entre le pouce et l'index, les bas, les lingeries transparentes et sombres, et les râles rauques qui le rassurent au creux de son oreille. Il ne fait pas l'amour comme une brute, lui: il est puissant.
Il se fiancera, bien sûr. Le lover aime les vieux rituels; il n'a rien contre les noms composés d'ailleurs. Ainsi, soyez douce et sobre et de bonne famille pour le séduire. On n'est pas contre l'exotisme cependant, s'il est totalement assumé: mieux vaut un vrai dépaysement. C'est comme un voyage, des vacances, on préfère ça à un absurde mélange hybride type cocktail. Il aime les choses de qualité, n'oubliez pas. Soyez de qualité. Souriez légèrement, restez polie, buvez peu, manucurez vous les ongles.
Et soyez gentille avec Belle-Maman.
Enfin, il vous fera de beaux enfants, pleins de bleu soleil et de rires. Il aura la chemise entrouverte, le cheveux brillant et le sourire avenant, prêt à vous ouvrir ses doux bras, vous laissant aller sur ses larges épaules, solides rien que pour vous.
Il est heureusement un peu coquin. Mais avec élégance et érotisme de pacha: il aime les chevilles qui tiennent entre le pouce et l'index, les bas, les lingeries transparentes et sombres, et les râles rauques qui le rassurent au creux de son oreille. Il ne fait pas l'amour comme une brute, lui: il est puissant.
Il se fiancera, bien sûr. Le lover aime les vieux rituels; il n'a rien contre les noms composés d'ailleurs. Ainsi, soyez douce et sobre et de bonne famille pour le séduire. On n'est pas contre l'exotisme cependant, s'il est totalement assumé: mieux vaut un vrai dépaysement. C'est comme un voyage, des vacances, on préfère ça à un absurde mélange hybride type cocktail. Il aime les choses de qualité, n'oubliez pas. Soyez de qualité. Souriez légèrement, restez polie, buvez peu, manucurez vous les ongles.
Et soyez gentille avec Belle-Maman.
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